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Engagement politique

Alfred Mabika insuffle l’espoir d’un « Ivumunu. Souffle de l’exil » au peuple gabonais


International
  • Alfred Mabika Mouyama présentant ses publications à Paris © 2019 D.R./Info241
Publié le 6 octobre 2019 à 16h40min

Le haut dignitaire de Mouila dans la Ngounié (sud du Gabon), exilé politique depuis 2016 renaît de ses cendres tel un phénix, après ses déboires politiques avec le régime d’Ali Bongo à la suite de sa gestion du groupe Poste S.A. L’ancien élève de l’école Saint Martin et des collèges Saint Gabriel de Mouila et Bessieux de Libreville, Alfred Mabika Mouyama a présenté vendredi dernier à Paris ses dernières productions intellectuelles : « Ivumunu. Le souffle de l’exil » et « L’Afrique, La République de demain » parues aux éditions du Silence, marquant dans le marbre sa prise de distance assumée avec le régime Bongo-PDG au pouvoir depuis 1968.

La cérémonie de présentation parisienne a revêtu le scénario grandeur nature d’une réincarnation politique minutieusement réfléchie. Entouré de sa famille, l’aîné des Mouyama, le Professeur André Moussavou Mouyama au premier plan, de sa femme et de ses enfants et ses quelques rares amis présents sur le sol parisien, Alfred Mabika en réfugié politique a exposé dans une clarté du discours qu’on lui reconnaît ses nouvelles projections intellectuelles. Mais surtout sa prise de position contre le régime Bongo-PDG qu’il a servi longuement.

Le nouveau souffle de démocratie doit s’épandre au Gabon et en Afrique

L’exil l’a-t-il fait retrouver le rayonnement de la clairvoyance de son engagement politique aux couleurs des aspirations démocratiques ? En tout cas, les doutes sur la rupture qui semble radicale entre Alfred Mabika et Ali Bongo, deux ténors jadis « amis et frères » du Mouvement politique « Les Rénovateurs » qui ont porté le système Bongo-PDG s’éclipsent davantage. Le natif de Dissiala qui a obtenu cette année de la République française, l’asile politique paraît faire peau neuve. La présence de Barro Chambrier, d’Alfred Nguia Banda, membres de la Coalition pour la Nouvelle République dirigée par Jean Ping, figure de l’opposition gabonaise en est l’illustration.

Le public a répondu présent à l’appel d’Alfred Mabika Mouyama

« Les instants d’exil » forcés, « la cabale politique » orchestrée et réalisée par un lynchage médiatique ont transformé le séjour ordinaire français pour de raison de santé à « une course contre la montre » pour la survie d’un haut commis de l’Etat gabonais. Le 4ème et le 5ème ouvrage «  Ivumunu. Le souffle de l’exil  » et « L’Afrique, La République de demain » du licencié et docteur en sciences de gestion et économiques de l’Université de Louvain et de Lille, viennent préciser « son temps du recul ». De confessions en confessions, l’ancien ministre d’Omar Bongo passe en revue les problématiques de l’immigration, ses causes endogènes et exogènes : le manque de régime élu démocratiquement en Afrique.

L’inspecteur des Finances publiques exprime sans ambages l’urgence de démocratie, de la restauration de la dignité humaine, de la justice, de la bonne gouvernance et sa nouvelle vision de la politique gabonaise et africaine. « Mon pays est une dictature » a-t-il martelé. Dictature dans laquelle de mauvais dirigeants politiques concentrent l’effectivité de l’ensemble des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire dont ils abusent au gré de leurs intérêts et qu’ils travestissent pour ’’châtier’’ et ’’réduire’’ tous ceux qui sont accusés ou même uniquement soupçonnés de ne pas leur faire une totale allégeance et de pouvoir, voire simplement vouloir leur faire de l’ombre dans le pays. Cet état de fait regrettable contraste pourtant avec les aspirations profondes de la majorité des citoyens qui rêvent de voir leur pays s’ouvrir à la démocratie véritable.

Le retour à nos valeurs traditionnelles comme solution à la crise politique gabonaise

L’artiste engagée Tita Nzebi interprétant "Foulani"

Présentant son « Ivumunu. Le Souffle de l’exil », il ressort de la lecture d’Axel Mayombo, enseignant chercheur gabonais en droit privé et président des éditions du silence plus, « de ce recul naît finalement un regard sur son propre passé mais aussi sur celui, plus collectif, de son pays et de ces concitoyens. S’impose alors l’évidence : dans son pays tout est politique, ce n’est donc pas étonnant que son exil vienne de la politique. De la mauvaise politique. Celle qui détruit, prive de liberté, prive de droit, répand le mensonge et construit des intrigues calomnieuses sur ses propres enfants, notamment ceux qui gênent, font peur à ceux qui ont le pouvoir, ou qu’on soupçonne et/ou accuse de vouloir ravir le pouvoir a ceux qui le détiennent… ».

Barro Chambrier saluant l’acte de bravoure et de courage d’Alfred Mabika

En effet, a martelé le juriste gabonais « son exil à lui vient des luttes pour le pouvoir politique qui secouent et divisent son pays depuis maintenant une décennie envoyant en exil extérieur de plus en plus de monde et confinant à l’exil intérieur une grande partie de la population qui rêve d’un ailleurs tant elle voit s’accroître le dénuement et la désolation ». Dans « Un dialogue éveillé avec soi » souligne M. Mayombo, « Alfred Mabika Mouyama nous fait donc plonger dans son parcours d’exil au terme duquel il entrevoit une issue dans un temps retrouvé et attendu, où son pays débarrassé de la mauvaise politique et des mauvais politiciens qui l’embrigadent, pourra voir revenir vers lui tous ses enfants. » Une solution préconisée : le retour aux sources traditionnelles par la restauration des valeurs de notre terroir. Peut-on dès lors parler d’un revirement politique de l’ancien directeur de campagne présidentielle d’Omar et d’Ali Bongo ? ».

In fine, citons la note critique conclusive de son livre « Ivumunu  » intitulée « Le naïf doit pardonner  » sous la plume foncièrement symbolique de son frère cadet, le sociolinguiste Professeur des universités et écrivain, Auguste Moussirou Mouyama : « Le hasard, c’est quand le Grand Architecte de l’Univers voyage incognito. Alfred a eu le bonheur d’en pressentir les effluves odorants pour glorifier Dieu de lui avoir fait connaître les labyrinthes de l’exil. La perspective religieuse de sa transformation l’empêche cependant de goûter aux exhalaisons mystiques de ce Souffle Divin. Gageons qu’il écoute davantage le silence de ses ancêtres pour qu’il transcende les oppositions entre ténèbres et lumière, le Bien et le Mal et qu’il ose la précarité des interstices qui le conduiront à pardonner ». Comprendre qui pourra. Affaire à suivre !


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