Bilie-By-Nze incarcéré : Sa famille biologique fustige une justice politique et exige sa libération provisoire
Le ton est grave et la démarche résolument solennelle. Ce samedi 23 mai, depuis la commune d’Akanda, la famille d’Alain-Claude Bilie-By-Nze est montée au créneau pour alerter l’opinion nationale et internationale. Trente-neuf jours après l’arrestation spectaculaire et le placement en détention de l’ancien Premier ministre, ses proches emmené par son grand frère Simon Nkala, sortent de leur réserve pour dénoncer ce qu’ils qualifient de procédure judiciaire aux relents manifestement politiques.
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Si l’entourage de l’ancien chef du gouvernement affirme avoir observé le silence pendant de longues semaines « par respect pour l’institution judiciaire », il estime aujourd’hui que se taire s’apparenterait à « une forme de complicité ». Au cœur de leurs angoisses figurent les conditions de détention jugées alarmantes d’Alain-Claude Bilie-By-Nze à la prison centrale de Libreville. Selon ses proches, il y serait maintenu à l’isolement total depuis plus d’un mois, une mesure punitive qui suscite une vive inquiétude.
L’ombre d’un règlement de comptes
Arrivé en deuxième position lors de l’élection présidentielle d’avril 2025, l’opposant est poursuivi dans un dossier exhumé du passé, lié à l’organisation de la Fête des cultures de 2008. La famille s’inscrit en faux contre les accusations, arguant que les fonds querellés n’étaient que des contributions personnelles de certains membres du comité d’organisation, dont Alain-Claude Bilie-By-Nze et Ramatou Baba. Le réveil inopiné de cette affaire, près de dix-huit ans après les faits, intrigue profondément l’entourage qui y voit une manœuvre évidente pour museler une voix devenue très critique sur la gestion actuelle des affaires publiques.
Les arguments de la déclaration de la famille d’Alain-Claude Bilie-By-Nze
| Thématique de la déclaration | Faits et contexte exposés | Citations et positionnement |
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Conditions de détention |
L’ancien Premier ministre est détenu depuis trente-neuf jours et maintenu à l’isolement à la maison d’arrêt de Libreville. |
La famille estime que ces conditions « interrogent profondément notre conscience collective et mettent à l’épreuve les principes fondamentaux de l’État de droit ». |
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Origine des poursuites |
Le dossier remonte à 2008 lors de la Fête des cultures, où il avait apporté une contribution personnelle de trois millions de francs CFA, aux côtés de Ramatou Baba (cinq millions). |
Les proches s’interrogent sur ce réveil judiciaire justifié par « une parole critique assumée de l’intéressé sur la conduite des affaires publiques de notre pays ». |
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Circonstances de l’interpellation |
L’arrestation a été menée par des individus encagoulés ayant bloqué son véhicule et saisi ses effets personnels avant toute identification formelle. |
La famille dénonce fermement une situation qui « n’est pas compatible avec un État de droit ». |
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Inquiétudes des syndicats de la justice |
Les syndicats des greffiers et des magistrats ont publiquement alerté sur les dérives potentielles et les risques d’instrumentalisation liés à cette incarcération. |
Selon le Syndicat national des magistrats du Gabon, cette détention ne sert « ni notre démocratie, ni la crédibilité et l’indépendance de notre justice ». |
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Revendications de la famille |
Les parents exigent la libération provisoire de l’ancien chef du gouvernement afin qu’il puisse organiser librement sa défense. |
Ils en appellent à la préservation des espoirs nés le 30 août 2023 pour bâtir une « République plus juste » et « plus humaine ». |
Outre le fond du dossier, c’est la forme de l’interpellation qui indigne le clan familial. Les proches dénoncent une arrestation digne d’un guet-apens, menée par des individus encagoulés ayant bloqué le véhicule de l’ancien ministre avant de procéder à la saisie de ses effets personnels, bien avant toute identification policière formelle. Des méthodes expéditives et brutales qu’ils jugent sans concession « incompatibles avec un État de droit ».
L’appel à la préservation des libertés publiques
Pour la famille, cette incarcération déborde largement du cadre judiciaire et menace directement les libertés publiques ainsi que l’indépendance de la magistrature gabonaise. Elle n’hésite pas à s’appuyer sur les récentes sorties des partenaires sociaux du secteur de la justice pour étayer son propos. En effet, le président du Syndicat national des greffiers du Gabon a fustigé la confusion entre justice et politique, emboîtant le pas au président du Syndicat national des magistrats du Gabon pour qui cette détention ne sert « ni la démocratie, ni la crédibilité de la justice ».
L’intégralité de cette déclaration
Invoquant les espoirs de renouveau nés des événements du 30 août 2023, la famille exhorte les autorités à bâtir une « République plus juste, plus humaine et plus respectueuse des libertés ». C’est avec « dignité mais fermeté » qu’elle réclame la libération provisoire de l’ancien Premier ministre pour lui permettre de préparer sereinement sa défense. Une déclaration choc qui s’est refermée sur des remerciements appuyés aux avocats, aux médias et aux défenseurs des droits humains qui continuent de se battre pour « la justice, la vérité et l’État de droit ».
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