Port-Gentil : Les droits et la charge mentale des femmes au centre de la journée du 8 mars en différé
La capitale économique du Gabon, Port-Gentil, a abrité ce jeudi 12 mars les manifestations en différé marquant la Journée internationale des droits de la femme. Organisée autour du thème « Droits, justice, actions », cette rencontre a été l’occasion pour la directrice provinciale de la Famille de l’Ogooué-Maritime, Pélagie Antchoué épouse Obame, de dresser le bilan des avancées juridiques et de plaider pour une protection accrue de la gent féminine.
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Des avancées législatives significatives mais des défis persistants
Prenant la parole devant l’assistance, la responsable provinciale a souligné l’importance de ce moment de réflexion collective. Elle a tenu à saluer les progrès notables enregistrés au Gabon, citant en premier lieu la reconnaissance de l’égalité civile entre les époux, tant dans la gestion du patrimoine que dans la conduite du foyer. Pélagie Antchoué épouse Obame a également mis en exergue l’adoption décisive de la loi 006/2021, un texte qui réprime sévèrement les violences domestiques et qualifie désormais le viol conjugal d’infraction pénale. Ce dispositif est venu s’ajouter aux mesures visant à protéger les veuves de la spoliation de leurs biens, une pratique coutumière longtemps décriée dans plusieurs communautés.

Pour joindre l’acte à la parole, la directrice provinciale a rappelé l’existence d’outils concrets d’assistance destinés aux victimes de violences. Elle a particulièrement mis en avant le numéro vert 1412, une ligne d’écoute gratuite et anonyme permettant de signaler les abus et d’orienter les survivantes. À cela s’ajoute le rôle crucial des centres d’accueil, à l’image de la structure gouvernementale de Nzeng-Ayong à Libreville ou de celle gérée par l’ONG Aurore à Port-Gentil. Ces espaces offrent un accompagnement juridique, un soutien psychologique et un hébergement d’urgence indispensable à la reconstruction des victimes.
La reconnaissance de la charge mentale, un nouveau combat
Au-delà des violences physiques et des aspects purement juridiques, la rencontre a permis d’aborder des maux plus insidieux. Invitée spéciale de cet événement, la secrétaire générale de la province, Clémentine Bengone Minko, a orienté son propos sur le poids de la charge mentale et émotionnelle qui pèse quotidiennement sur de nombreuses femmes africaines.

Appelant à une véritable prise de conscience collective face à cette souffrance souvent invisible mais lourde de conséquences sur l’équilibre des femmes, elle a réaffirmé le sens profond de cet événement. « La Journée internationale des droits de la femme ne devrait pas se limiter à une célébration symbolique, mais demeurer avant tout un moment d’analyse, de dialogue et de mobilisation en faveur de l’amélioration concrète des conditions de vie des femmes », a-t-elle insisté pour clore son propos.
@info241.com
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