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Suspension des réseaux sociaux au Gabon : 4 citoyens trainent la HAC devant la cour constitutionnelle

Suspension des réseaux sociaux au Gabon : 4 citoyens trainent la HAC devant la cour constitutionnelle
Suspension des réseaux sociaux au Gabon : 4 citoyens trainent la HAC devant la cour constitutionnelle © 2026 D.R./Info241

La riposte citoyenne s’organise au Gabon face au blocage des réseaux sociaux décidé à la surprise générale par la Haute autorité de la communication dirigée par Germain Ngoyo Moussavou. Ce lundi 23 février, soit 6 jours plus tard, une requête pour inconstitutionnalité a atterri sur le bureau du greffe de la cour constitutionnelle. L’objectif est frontal : faire annuler la décision choc prise six jours plus tôt, le 17 février, par la haute autorité de la communication, exigeant la suspension immédiate des réseaux sociaux dans tout le pays.

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Selon L’Union ce jeudi, quatre Gabonais ont décidé de ne pas se taire face à ce qu’ils considèrent comme une dérive autoritaire des gendarmes de la HAC. Maïmouna Abdoul Kadir, Teddy Annael Akue Essimengane, Elisabeth Mabandah et Cabrel Jeannis Ndomba Mouele ont décidé de porter l’affaire devant les 9 sages de la Constitution. Ils traînent l’organe régulateur devant la haute juridiction pour faire censurer cette mesure de suspension qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, invoquant une stricte « inconstitutionnalité ».

Une censure jugée abusive et destructrice

Pour ces requérants, l’instance de régulation a franchi la ligne rouge en outrepassant allègrement ses prérogatives. Ils fustigent une institution agissant « en imposant une restriction générale sans base légale suffisamment claire ni justification proportionnée ». Leurs accusations pointent une violation directe des libertés d’expression et d’accès à l’information, pourtant sacralisées par la constitution du 19 décembre 2024.

Une vue du siège de la cour à Libreville

Les plaignants dénoncent une méthode expéditive aux conséquences dévastatrices. Ils qualifient le communiqué de la haute autorité de véritable « sanction collective ». Au-delà des simples internautes, cette mesure aveugle asphyxie les médias professionnels et paralyse l’ensemble des acteurs économiques du pays, pris en otage par cette coupure unilatérale.

Les juges constitutionnels au pied du mur

Face à un préjudice qui s’alourdit à chaque minute de déconnexion, le quatuor exige une riposte judiciaire fulgurante. Ils ne demandent pas seulement à voir cette décision frappée d’inconstitutionnalité, mais exigent son annulation pure et simple, avec un effet immédiat. L’injonction espérée est sans équivoque : la juridiction doit ordonner d’urgence le rétablissement total des plateformes suspendues.

Cette saisine audacieuse place les garants des lois face à leurs lourdes responsabilités. Elle met en lumière la frontière périlleuse entre la préservation de l’ordre public et le musellement brutal des libertés publiques sur internet. C’est désormais un véritable casse-tête juridique qui repose sur la table de la cour constitutionnelle, dont l’arbitrage imminent sera scruté par une population impatiente de retrouver sa voix.

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