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Choc monétaire régional : Les chefs d’État de la CEMAC au chevet du FCFA ce jeudi à Brazzaville

Choc monétaire régional : Les chefs d’État de la CEMAC au chevet du FCFA ce jeudi à Brazzaville
Choc monétaire régional : Les chefs d’État de la CEMAC au chevet du FCFA ce jeudi à Brazzaville © 2026 D.R./Info241

Face au spectre d’un nouveau choc monétaire, les dirigeants de la sous-région se réunissent en urgence. Convoqué par le président congolais Denis Sassou Nguesso, un sommet extraordinaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) s’ouvre ce jeudi 22 janvier 2026 à Brazzaville (Congo) auquel prendra part le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema. L’objectif est clair : prévenir une crise financière majeure et garantir la stabilité de la monnaie commune.

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Dix ans après la crise de 2016, la zone CEMAC traverse de nouveau une zone de fortes turbulences. C’est dans ce contexte de « fortes tensions économiques et financières » que les chefs d’État se retrouvent dans la capitale congolaise. Cette rencontre, voulue par la présidence en exercice de la Conférence des chefs d’État, se présente comme une tentative de réponse politique urgente face au risque d’un « choc monétaire attendu dès le premier trimestre de 2026 ».

Une saignée financière de 1 300 milliards

Le constat dressé par les technocrates de la Banque centrale est alarmant. En l’espace de seulement six mois, la zone CEMAC a vu s’évaporer environ 1 300 milliards de FCFA de ses réserves de change. Cette fuite massive de devises fragilise dangereusement la capacité de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) à assurer la convertibilité de la monnaie et à défendre la parité fixe avec l’euro.

À cette érosion s’ajoute un « mur de la dette » immédiat. Les échéances de remboursement s’accumulent dangereusement dès ce mois de janvier 2026. Le cas du Cameroun illustre cette tension extrême : la locomotive économique de la zone doit faire face à près de 250 milliards de FCFA de remboursements sur le seul mois de janvier, alors que ses marges budgétaires sont déjà exsangues.

La convertibilité du Franc CFA sous pression

Au cœur des préoccupations figure la question cruciale de la soutenabilité financière de la zone. Les pays membres doivent faire face à d’importantes échéances de la dette extérieure dès ce mois de janvier. Cette situation, combinée à une « érosion rapide des réserves de change », fait peser une pression inédite sur la stabilité du franc CFA.

Les spécialistes craignent le pire : si l’ensemble des États venaient à honorer simultanément leurs engagements extérieurs, la capacité de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) à garantir la convertibilité de la monnaie commune pourrait être « sérieusement mise à l’épreuve ».

La bataille des 6 000 milliards et les pressions américaines

Pour tenter de desserrer l’étau sans passer par la case dévaluation, une solution technique mais politiquement explosive est sur la table des chefs d’État : le rapatriement des fonds de restauration des sites extractifs. Cette manne, qui dort sur des comptes étrangers, est estimée à près de 6 000 milliards de FCFA. Son rapatriement dans les livres de la BEAC offrirait une bouffée d’oxygène immédiate et substantielle aux réserves de change.

Cependant, cette mesure se heurte à une opposition farouche des multinationales pétrolières et minières, soutenues diplomatiquement par les États-Unis, peu enclins à voir ces ressources stratégiques transférées sous l’autorité de la banque centrale régionale. Le sommet de Brazzaville s’annonce donc comme un moment de vérité historique. Les chefs d’État devront choisir entre des décisions courageuses pour restaurer la souveraineté monétaire ou subir un ajustement imposé par les marchés, avec le risque de plonger l’Afrique centrale dans une instabilité sociale inédite.

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