Crise de l’eau et délestages chroniques au Gabon : l’UDB crie fort sur la SEEG et exige des résultats
C’est un recadrage public d’une rare sévérité qui marque un tournant dans la posture de la formation présidentielle gabonais pourtant aux manettes du pays. Ce samedi 20 juin, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), le parti fondé par le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema, est sortie de sa réserve habituelle pour pointer directement du doigt la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Par la voix du cabinet de son président fondateur, le mouvement a publié une déclaration au vitriol, fustigeant l’incapacité de l’entreprise parapublique à endiguer la grave crise qui paralyse le pays.
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Face à l’exaspération grandissante des usagers, la formation politique a dressé un constat de terrain sans appel. « L’Union démocratique des bâtisseurs suit avec une très grande préoccupation l’aggravation des difficultés rencontrées par les populations gabonaises et les opérateurs économiques dans l’accès aux services essentiels d’eau potable et d’électricité », indique le document parvenu ce lundi à Info241. Le parti souligne que ce désastre touche toutes les strates de la société, précisant que « les ménages, les administrations, les établissements scolaires, les structures sanitaires ainsi que les opérateurs économiques continuent de subir des délestages répétés » et des interruptions prolongées.
Un diagnostic sévère sur la gouvernance de l’entreprise
Si l’UDB concède que ce calvaire trouve ses origines dans plusieurs décennies d’errance, elle refuse d’en faire une fatalité. Le texte énumère les maux historiques de la structure, allant du « sous-investissement dans les infrastructures de production » à la « vétusté avancée de nombreux équipements stratégiques », sans omettre les actes de vandalisme ou de fraude. Toutefois, le parti présidentiel va plus loin en ciblant directement le management actuel de la société. « À ces facteurs structurels viennent malheureusement s’ajouter des préoccupations récurrentes relatives à la gouvernance, à la performance opérationnelle et à la nécessaire exigence de transparence dans la gestion d’un service public aussi vital », assène le communiqué.
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Ce réquisitoire est d’autant plus lourd qu’il met en lumière le contraste saisissant entre l’inaction perçue par les citoyens et la mobilisation colossale de l’État. La déclaration rappelle avec insistance que depuis le 30 août 2023, l’exécutif n’a ménagé aucun effort pour maintenir l’entreprise à flot. Sous l’impulsion du président de la République, une véritable stratégie de sauvetage a été déployée, marquée par la signature d’un contrat d’objectifs et de performance en mars 2024. Surtout, l’UDB révèle « la mobilisation et la mise à disposition de très importants moyens financiers, évalués à ce jour à plus de mille milliards de francs CFA ».
L’exigence de résultats immédiats pour les usagers
Malgré cette perfusion financière inédite et la mise en place de mécanismes de contrôle, l’appareil politique constate amèrement que « les résultats attendus peinent encore à être perceptibles dans le quotidien de nombreux compatriotes ». Face à cette inertie, le parti durcit le ton et appelle la direction à une véritable prise de conscience. « C’est pourquoi l’UDB invite respectueusement mais fermement les dirigeants de la SEEG à engager un sursaut de responsabilité à la hauteur des attentes du peuple gabonais », exige le cabinet du président fondateur, posant ainsi un véritable ultimatum à la direction générale.
Le communiqué officiel
En s’emparant de ce dossier brûlant, la formation au pouvoir tente de se faire l’écho des souffrances de la population et de rappeler la mission première de cette entité stratégique. Le document insiste fermement sur le fait que « l’eau et l’électricité ne sont pas des services ordinaires ». L’UDB les érige en piliers fondamentaux de la nation, soulignant qu’ils « constituent des services publics essentiels dont dépendent la dignité des populations, la continuité de l’action administrative, la sécurité sanitaire des citoyens et le développement économique du pays ».
Le temps du pragmatisme institutionnel
Cette sortie médiatique démontre clairement que l’heure n’est plus à la complaisance ou aux simples effets d’annonce. Le Gabon n’est plus en transition, et l’exécutif exige désormais un retour sur investissement tangible et immédiat pour le bien-être des populations. Pour clore cette mise en demeure politique inédite, l’Union démocratique des bâtisseurs a choisi une formule finale particulièrement cinglante, destinée à résonner avec force dans les couloirs de l’entreprise : « En matière de services publics, la meilleure communication reste celle qui se mesure à la lumière qui s’allume et à l’eau qui coule ».
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