Front social

Des vacations à 950 FCFA : La « prime de la honte » qui radicalise les enseignants gabonais en grève

Des vacations à 950 FCFA : La « prime de la honte » qui radicalise les enseignants gabonais en grève
Des vacations à 950 FCFA : La « prime de la honte » qui radicalise les enseignants gabonais en grève © 2026 D.R./Info241

Alors que le ministère de l’Éducation nationale annonçait le début du paiement des vacations pour apaiser le climat social, l’opération tourne au fiasco. Ce jeudi 8 janvier, la découverte des montants alloués — parfois inférieurs à 1 000 francs CFA — a provoqué une onde de choc au sein du corps enseignant. Entre sentiment d’humiliation et menaces de sanctions, le fossé se creuse dangereusement entre la tutelle et les grévistes.

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La promesse de la ministre Camélia Ntoutoume Leclercq a bien été tenue sur la forme, mais le fond laisse un goût amer. Depuis ce mercredi, les paiements par virement bancaire et bons de caisse sont effectifs à Libreville et à l’intérieur du pays. Pourtant, loin de calmer les esprits, ces virements ont mis le feu aux poudres.

 « Une insulte à notre intelligence »

Sur le terrain, la désillusion est totale. Des membres du regroupement syndical S.O.S Éducation rapportent des sommes dérisoires, jugées indignes de la mission de service public accomplie. Un enseignant témoigne avoir perçu un bon de caisse de 3 600 FCFA, tandis que d’autres évoquent des montants faméliques atteignant le seuil critique de 950 FCFA.

Un autre bon de caisse jugé dérisoire

« S’agit-il réellement du paiement des vacations ou d’une insulte à notre intelligence ? 3 600 francs CFA… » , s’étrangle un enseignant, résumant le sentiment général d’une corporation qui se sent méprisée malgré le travail effectué.

 Vers un durcissement du ton ?

La colère est d’autant plus vive qu’une réunion tenue récemment par la ministre avec certains chefs d’établissements publics a jeté de l’huile sur le feu. Les syndicats dénoncent une rencontre excluante et pointent du doigt les propos prêtés au proviseur du lycée Awoungou. Ce dernier aurait suggéré à la tutelle de suspendre les salaires des grévistes ou de les placer sous le régime contraignant des bons de caisse pour briser le mouvement.

Ces menaces, couplées à des paiements jugés « humiliants », risquent de compromettre toute issue favorable à court terme. Le syndicat S.O.S Éducation bat le rappel des troupes : une assemblée générale décisive est convoquée pour ce samedi 10 janvier à l’école publique Martine Oulabou. L’heure n’est plus à la négociation, mais à l’indignation.

@info241.com
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