Gabon : Déjà vice-président de la CAF, l’insatiable Pierre Alain Mounguengui veut d’un 4e mandat à la Fégafoot
L’appétit vient en mangeant, dit l’adage. Et celui de Pierre Alain Mounguengui (68 ans) pour les ors de la République du football semble proprement inaltérable. Ce mercredi 18 mars, sur les coups de 16 heures, le président sortant de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot) a officiellement déposé son dossier de candidature auprès de la commission électorale. L’ancien arbitre international, qui trône pourtant déjà dans les hautes sphères continentales en tant que 3e vice-président de la Confédération africaine de football (CAF), a visiblement érigé le cumul des fonctions en véritable discipline olympique.
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Cette nouvelle candidature vient étayer une longévité extraordinaire et quasi monarchique à la tête de la première instance sportive du pays. Arrivé aux commandes de l’institution en avril 2014, réélu en 2018 puis en 2022, Pierre Alain Mounguengui s’accroche donc farouchement à son fauteuil pour tenter de décrocher un 4e mandat consécutif. 12 longues années de règne ininterrompu sur un football gabonais pourtant régulièrement englué dans des crises structurelles, des arriérés de salaires et des championnats balbutiants. Mais face à l’ivresse du pouvoir, le bilan sportif semble bien accessoire.
Un scrutin cadenassé de toutes parts
Pour s’assurer que le suspense ne vienne pas gâcher la formalité électorale prévue le 18 avril prochain, le natif de Tchibanga (Nyanga, sud du Gabon) a pris soin de verrouiller le système à double tour. L’artillerie lourde des parrainages a été déployée avec une efficacité redoutable, tuant dans l’œuf toute velléité d’alternance sérieuse. Selon ClubSport+, sur les 14 clubs de première division que compte le pays, pas moins de 10 auraient docilement accordé leur bénédiction au président sortant. Mieux encore, les 9 ligues provinciales se seraient déjà alignées comme un seul homme pour accompagner leur champion dans cette course.
Le patron de la Fegafoot avec ses pairs de la CAF
Face à ce rouleau compresseur institutionnel, la commission électorale chargée de veiller au déroulement du processus a enregistré, en plus de celui du président sortant, trois autres dossiers. Les téméraires challengers ayant décidé de se jeter dans l’arène se nomment Gabin Zogo Mintsa, Axel Nguema Edou et Darneau Essia. Si leur audace de défier l’establishment mérite d’être saluée, leur marge de manœuvre face à une machine électorale aussi verrouillée relève quasiment de la mission impossible.
L’art de ne jamais passer la main
Se pose alors une question légitime de gouvernance : pourquoi s’agripper avec autant d’acharnement à la Fégafoot lorsqu’on a déjà atteint le prestigieux rang de vice-président de la CAF ? Au lieu de tirer sa révérence avec les honneurs, de passer le relais et de se consacrer pleinement au développement du football africain, le patron sortant préfère conserver son pré carré national. Une stratégie d’accaparement qui empêche de fait le renouvellement de la classe dirigeante et l’émergence d’idées neuves pour le ballon rond local.
Alors que le Gabon panse les plaies de ses années de léthargie et est entré dans la fameuse Ve Republique, l’élection du 18 avril 2026 s’annonce comme une simple reconduction programmée pour l’actuel locataire d’Owendo. Une victoire annoncée qui résonne davantage comme une anomalie démocratique au sein de la sphère sportive que comme un véritable plébiscite sur son action. « À la Fégafoot, les dirigeants passent, mais le président reste » , pourrait-on amèrement conclure. A moins qu’une surprise nous guette d’ici au vote des représentants du football.
@info241.com
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