Légalité du PNTP : Yama fustige un blocage entretenu et exige la démission du ministre de l’Intérieur
Alors que la date butoir du 27 juin arrive à grands pas, le climat politique au Gabon se crispe autour du Parti national pour le travail et le progrès (PNTP). Lors d’une déclaration de presse tenue ce samedi 13 juin à son siège de Libreville, le président de cette formation politique, Jean-Rémy Yama, a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de manœuvres sournoises du gouvernement. Au cœur de son indignation : le refus obstiné des services du ministère de l’Intérieur de valider les modifications des instances dirigeantes du parti, plongeant ce dernier dans un flou juridique savamment entretenu.
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Cette querelle administrative trouve son origine à la fin de l’année dernière. À l’issue d’un congrès extraordinaire organisé en décembre 2025, le PNTP a profondément remanié ses textes et son bureau, actant officiellement l’arrivée de Jean-Rémy Yama à sa tête. Conformément à la législation encadrant le fonctionnement des partis politiques, la tutelle disposait d’un délai de quinze jours pour prendre acte de ces changements et délivrer le récépissé de modification. Pourtant, plus de six mois après le dépôt régulier du dossier, la Direction générale des élections et des libertés publiques maintient un silence total.
Un acharnement politique déguisé en lenteur administrative
Face à ces blocages, les nombreuses relances épistolaires et les demandes d’audience adressées au ministre de tutelle sont restées lettre morte, tout comme les promesses évasives de ses collaborateurs. Pour le leader politique, cette prétendue incompétence administrative masque en réalité une volonté délibérée de bâillonner son mouvement. « Tous ces atermoiements ont une seule et véritable raison, ça dérange. Jean-Rémy Yama dérange, parce qu’au terme des modifications intervenues au terme du congrès, je suis devenu officiellement, avec la force que m’accordent les nouveaux textes du parti, président du PNTP. Oui, c’est cette modification-là que le ministère de l’Intérieur a du mal à accepter », a-t-il fustigé devant la presse.
Ce blocage institutionnel s’inscrit, selon lui, dans la continuité d’une cabale politique orchestrée depuis plusieurs mois. « On m’a écarté de l’élection présidentielle, on m’a écarté des élections électives et là, on veut encore m’écarter du débat politique et de la présidence du PNTP. Mais par quel moyen le ministre de l’Intérieur va-t-il y parvenir ? », s’est interrogé l’opposant avec une pointe d’ironie, rappelant que ces pratiques d’entrave contreviennent directement aux injonctions d’efficacité et de rigueur prônées au sommet de l’État.
La menace d’un recours devant le Conseil d’État
Devant ce qu’il assimile à de l’arbitraire pur et simple, le directoire du PNTP ne compte pas se laisser évincer de la scène politique sans réagir. Ayant épuisé la quasi-totalité des recours gracieux auprès de l’administration centrale, Jean-Rémy Yama prévient que son parti saisira très prochainement le Conseil d’État pour faire plier le ministère de l’Intérieur et rétablir le droit.
En attendant l’issue de cet éventuel bras de fer judiciaire, la formation politique exige des sanctions immédiates au sein de l’appareil gouvernemental. « Nous ne lâcherons rien, nous ne demandons pas une faveur, sinon l’application stricte de la loi, pour tordre le cou à la défaillance administrative à des fins politiciennes », a martelé le président du PNTP. En conséquence, lui et ses compagnons de lutte réclament ni plus ni moins que la démission du ministre de l’Intérieur et de ses principaux collaborateurs, ou, à défaut, leur limogeage immédiat par le chef du gouvernement pour incompétence notoire.
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