Lycée Léon Mba : Emotion et prévention au cœur de l’hommage rendu à Marc Steeven, tragiquement disparu
Le gymnase du Lycée national Léon-Mba de Libreville a servi de cadre ce jeudi à une poignante et douloureuse cérémonie d’hommage. Élèves, corps enseignant, personnel administratif, parents et autorités éducatives se sont réunis dans un profond recueillement pour honorer la mémoire de Marc Steeven Mombo Kombila, cet élève qui s’est donné la mort sur une passerelle piétonne jouxtant l’établissement. Débutée par une prière d’ouverture, cette rencontre a été ponctuée de témoignages déchirants et de discours alliant l’émotion à une indispensable sensibilisation de la jeunesse.
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Cette initiative solennelle répondait à une volonté directe des plus hautes autorités du pays de marquer un temps d’arrêt face au choc qui a ébranlé la communauté éducative. Félicie Larissa Guimbounda, directrice d’académie provinciale adjointe de l’Estuaire, a tenu à rappeler la portée symbolique et réparatrice de cette journée. « Suite à ce drame national qui nous frappe tous, Madame la Ministre d’État, Ministre de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, a initié cette journée de recueillement afin de rendre hommage à l’élève disparu », a-t-elle souligné devant l’assistance meurtrie.
Un appel à briser le silence face à la détresse
La représentante de l’académie provinciale a également mis en exergue la nécessité de cette communion pour entamer le complexe processus de deuil collectif. « Elle a souhaité une mobilisation des établissements scolaires, de la famille, des amis et de l’ensemble des administrations éducatives pour venir se recueillir et partager des témoignages en mémoire du disparu. La journée vient de s’achever. Nous espérons que chacun repartira avec un cœur apaisé, même si la douleur demeure très forte », a poursuivi Félicie Larissa Guimbounda.
Une vue de la marche d’hommage rendu par les élèves et le corps enseignants
Au-delà des larmes et du recueillement, ce rassemblement s’est naturellement mué en une véritable plateforme de prévention contre les réalités souvent invisibles de la dépression juvénile. Face à des lycéens profondément ébranlés par la perte de leur camarade, les différents intervenants ont martelé l’importance cruciale du dialogue. L’objectif était de libérer la parole : encourager les élèves à extérioriser leur mal-être, à rechercher activement de l’aide et à faire preuve de résilience face aux inévitables épreuves de la vie.
L’écoute et la bienveillance comme ultimes remparts
Présente lors de cet hommage, la psychologue Alix Messa s’est adressée directement aux apprenants pour les dissuader de s’enfermer dans l’isolement face à leurs tourments. « Dans les établissements, vous avez des services de psychologie, des services sociaux. Vous avez aussi vos parents, vos voisins, des adultes capables de vous écouter », a-t-elle insisté. La spécialiste de la santé mentale a reconnu avec empathie la difficulté de la démarche, admettant qu’il est fréquent de « se sentir jugé ou craindre les conséquences de la parole ».
Toutefois, elle a tenu à délivrer un puissant message de survie à son jeune auditoire pour éviter que l’irréparable ne se reproduise. « Mais il est important de faire confiance, car lorsqu’on parle de ses maux, on est déjà à moitié guéri. Comme l’a si bien dit une élève, la mort n’est pas la solution : c’est une tempête. Et les tempêtes se traversent. Il faut simplement se tourner vers les personnes disponibles et disposées à vous écouter », a-t-elle conclu avec force. Ce drame insoutenable lance un appel pressant à toute la société gabonaise pour renforcer la vigilance, la compassion et le dialogue entre les générations.
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