Nkok : Un ouvrier gabonais meurt écrasé sous une pile de bois, la sécurité industrielle en question
Samedi dernier, un nouveau drame a frappé la zone économique spéciale de Nkok, vitrine de l’industrialisation gabonaise devenue tristement familière des accidents du travail. Un ouvrier gabonais a perdu la vie dans l’enceinte d’une usine de transformation de bois, victime de l’effondrement soudain d’une lourde pile de planches. Alors qu’il exerçait ses fonctions habituelles, la structure a cédé, l’ensevelissant sous le poids du bois et transformant une journée de labeur ordinaire en une scène d’horreur absolue.
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Les circonstances de l’accident, relayées par plusieurs témoignages et une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, glacent le sang. Les images montrent l’ouvrier se trouvant à proximité immédiate d’un chargement estimé à près d’une centaine de planches lorsque celui-ci s’est abattu sur lui. Dans une course contre la montre désespérée, ses collègues ont tenté de le dégager à mains nues, mais la violence de l’impact n’a laissé aucune chance à la victime. Ce décès brutal a plongé l’ensemble du site industriel dans la stupeur et une profonde affliction.
Silence radio et série noire à Nkok
Face à cette tragédie, un silence assourdissant règne pour le moment du côté de la hiérarchie. À l’heure actuelle, aucune communication officielle n’a été émise ni par l’entreprise concernée, ni par les autorités compétentes pour expliquer les causes exactes du drame. Défaut d’arrimage, surcharge, ou négligence dans l’organisation du stockage ? Les questions restent sans réponse, laissant le champ libre aux spéculations et alimentant le sentiment d’injustice parmi les travailleurs qui déplorent l’opacité entourant souvent ces incidents.
Ce décès tragique est loin d’être un cas isolé et ravive la colère des employés de la zone industrielle. Depuis plusieurs années, Nkok est le théâtre d’accidents récurrents, touchant aussi bien les secteurs du bois que de la métallurgie. Cette répétition macabre met en lumière des failles systémiques dans la gestion de la sécurité, où la productivité semble trop souvent primer sur la protection de la vie humaine. Les travailleurs dénoncent un environnement où les risques majeurs — chutes de charges, machines dangereuses — font partie du quotidien.
Défaillances sécuritaires et appel à l’action
Au cœur des critiques figure la question cruciale des équipements de protection individuelle (EPI) et du respect des normes de sécurité. Bien que la législation impose aux employeurs de garantir l’intégrité physique de leurs salariés, le constat sur le terrain est amer : casques, chaussures de sécurité et formations aux risques sont parfois inexistants ou inadaptés. Cette négligence, qu’elle concerne des employés permanents ou journaliers, expose les ouvriers à des dangers mortels qui pourraient être évités par une application stricte des règlements.
Au-delà de l’émotion légitime, ce drame interpelle directement les autorités compétentes sur l’urgence d’agir. Il devient impératif de renforcer les inspections du travail et d’appliquer des sanctions dissuasives contre les entreprises défaillantes. La croissance industrielle du Gabon ne peut se construire au prix du sang de ses ouvriers. Tant que la sécurité au travail ne sera pas érigée en priorité absolue avec des actions concrètes sur le terrain, le spectre d’autres drames continuera de planer sur les usines de Nkok.
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