Libreville : Accusé de faire du clientélisme, le nouveau maire dément avoir un cabinet de 186 membres
La mairie de Libreville se retrouve au cœur d’une vive polémique depuis quelques jours. Un récent arrêté a dévoilé la nomination supposée d’une armada de collaborateurs au sein du cabinet du maire, Pierre-Mathieu Obame Etoughe. Avec plus de cent quatre-vingt-six personnes prétendument désignées comme chargés de mission, conseillers politiques, conseillers techniques ou encore chargés d’études, cette nouvelle a suscité l’incompréhension générale au sein de la capitale gabonaise, ravivant le spectre du clientélisme.
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Face à l’ampleur de la controverse et aux critiques dénonçant une masse salariale démesurée en pleine crise économique, le premier magistrat de la ville est finalement sorti de son silence. Lors d’un entretien accordé au quotidien L’Union ce mercredi 11 mars, l’édile a tenu à clarifier la situation et à apporter un démenti catégorique face aux accusations de recrutements pléthoriques qui visent son administration.
Une riposte ferme face aux accusations de mauvaise foi
Interrogé sur ces listes jugées démesurées, Pierre-Mathieu Obame Etoughe n’a pas mâché ses mots pour balayer ces allégations. « Je suis surpris et étonné par tout ce qui se dit. Tout ceci relève de la mauvaise foi », a-t-il fermement réagi dans les colonnes du journal. Le maire de la commune de Libreville s’inscrit en faux contre l’interprétation des documents ayant fuité sur les réseaux sociaux et dans la presse.
Une vue de l’hôtel de ville
Pour étayer sa ligne de défense, l’autorité municipale a tenu à avancer ses propres chiffres, invitant quiconque à venir les constater sur place. « Aujourd’hui, j’ai un cabinet de trente-six conseillers. Ça, tout le monde peut le vérifier. Rien à voir donc avec les cent quatre-vingt-six personnes que j’aurais nommées et qui composeraient mon cabinet » , a-t-il précisé, tentant ainsi d’éteindre l’incendie médiatique autour de la taille réelle de sa garde rapprochée.
Des réformes structurelles pour lutter contre l’absentéisme
Plutôt que de s’attarder uniquement sur la défensive, l’édile a profité de cette tribune pour mettre en lumière les réformes internes qu’il affirme mener depuis son arrivée à la tête de l’hôtel de ville. Loin des pratiques de l’ancienne administration souvent pointées du doigt, il assure avoir profondément restructuré le fonctionnement de son équipe de travail. « Depuis ma prise de fonction, j’ai initié un certain nombre de réformes au niveau du cabinet du maire en instituant des départements », a-t-il expliqué.
L’objectif principal de cette réorganisation serait de restaurer la discipline et la rigueur au sein de l’institution municipale. Le maire justifie cette nouvelle structuration par l’impérieuse nécessité de « lutter contre l’absentéisme et d’améliorer l’efficacité de mes collaborateurs ». Faisant allusion aux dérives passées, il rappelle que « par le passé, vous savez, des conseillers du maire pouvaient être absents de leurs postes pendant six mois, voire plus. Aujourd’hui, ce n’est plus possible » .
Une réduction annoncée des émoluments et un cap fixé
Toujours dans cette logique d’assainissement et pour répondre aux inquiétudes légitimes des citoyens concernant les finances de la ville, Pierre-Mathieu Obame Etoughe a annoncé avoir pris des mesures fortes sur le plan salarial. Il indique avoir officiellement « pris un arrêté réduisant les émoluments des chargés d’études et de missions du maire ». Une décision qui se veut un signal de rigueur budgétaire à l’heure où les Librevillois attendent des investissements concrets pour l’assainissement et la voirie.
Ce train de mesures, censé rompre avec les méthodes controversées de ses prédécesseurs, devra toutefois franchir le cap de la validation institutionnelle. L’édile a conclu son intervention en précisant que « toutes ces réformes seront soumises au prochain Conseil municipal de Libreville prévu dans trois semaines ». Les prochaines semaines s’annoncent donc décisives pour le maire, qui devra convaincre non seulement les conseillers municipaux, mais aussi une population de plus en plus exigeante quant à la gestion de la cité.
@info241.com
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