Port-Gentil : huées contre Pierre Mintsa et Georges Mpaga, échec de la médiation gouvernementale
La scène survenue à Port-Gentil, ce mercredi 21 janvier, marquée par les huées et le départ précipité de Pierre Mintsa et Georges Mpaga, dépasse largement le cadre d’un simple incident lié à un mouvement social. Elle met en lumière une crise plus profonde : celle de la crédibilité des mécanismes de médiation mis en place par les autorités, face à une contestation enseignante qui ne se reconnaît plus dans les intermédiaires proposés.
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Des facilitateurs accueillis avec hostilité
Présentés comme des facilitateurs chargés de renouer le dialogue entre le collectif SOS Éducation, notamment sa base la plus radicale, et le ministère de l’Éducation nationale, Pierre Mintsa et le sénateur Georges Mpaga, deux acteurs de la société civile, ont été confrontés à une hostilité ouverte. Pour de nombreux enseignants mobilisés depuis le 5 janvier, leur présence n’a pas été perçue comme une main tendue, mais comme une tentative supplémentaire de contourner leurs revendications et de gagner du temps sans apporter de réponses concrètes.
Une vue de l’accueil
Depuis le début de la grève, les positions demeurent figées. Les autorités mettent en avant des avancées administratives et appellent à la reprise des cours, tandis que les enseignants dénoncent des mesures qu’ils jugent insuffisantes et déconnectées des réalités du terrain. À cela s’ajoute un climat de tension aggravé par l’interpellation et l’incarcération de responsables syndicaux, vécues par la base comme des signaux de fermeture plutôt que d’apaisement.
Le rejet d’une médiation jugée peu crédible
C’est dans ce contexte de dialogue rompu que l’option d’une médiation confiée à ces figures de la société civile a été privilégiée. Une option qui, à Port-Gentil, a tourné court ce 21 janvier. Les slogans hostiles et le refus d’écouter tout message ont traduit une perte de confiance totale envers des intermédiaires perçus comme trop proches du pouvoir pour incarner une médiation crédible et indépendante. L’épisode révèle ainsi un problème central : celui de la légitimité des acteurs du dialogue social.
Pour les enseignants mobilisés, la crise ne peut être résolue par des relais informels ou des démarches de communication, mais par un engagement direct de l’État sur les revendications structurelles du secteur éducatif. Le rejet de Pierre Mintsa et de Georges Mpaga apparaît dès lors comme le symptôme d’un malaise plus large, nourri par des précédents encore présents dans les mémoires, notamment les épisodes de déguerpissements et de gestion controversée des colères sociales.
Un signal d’alerte pour les autorités
À Port-Gentil, le message adressé aux autorités est sans ambiguïté : la méthode fondée sur l’envoi d’émissaires et la mise en scène du dialogue ne suffit plus. Les enseignants exigent des décisions claires, des actes tangibles et une reconnaissance réelle de leurs revendications. Faute de quoi, la défiance risque de s’enraciner davantage et de transformer une crise sectorielle en un défi politique plus large.
Dans un contexte social tendu, le dialogue ne peut être décrété ni délégué à des figures contestées. Il doit être incarné, assumé et fondé sur des réponses substantielles. À défaut, la parole institutionnelle continuera de se heurter à un mur de rejet, là où la rue, elle, parle désormais sans détour.
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