Port-Gentil : Racket policier, contrôles intempestifs, concurrence déloyale, les taximen donne 10 jours à la mairie pour agir
Le front social promet d’être explosif dans les prochains jours dans la capitale économique gabonaise. La Fédération gabonaise des syndicats des transports et assimilés (Fegasta) a tenu une assemblée générale sous haute tension, le samedi 2 mai, au siège de la Confédération syndicale gabonaise (Cosyga). Réunis en grand nombre, les responsables syndicaux et les adhérents ont passé au crible les nombreuses difficultés qui asphyxient leur secteur d’activité dans la capitale économique.
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Au cœur des récriminations figurent en bonne place la concurrence jugée déloyale des transporteurs illégaux, les contrôles routiers considérés comme abusifs, ainsi que plusieurs mesures imposées par l’hôtel de ville. « Il était question de discuter sur le conflit qui nous oppose à la collectivité locale en ce qui concerne la concurrence déloyale des clandos, les taximens se font verbaliser pour un rien à tout contrairement aux clandos qui sont les potes des policiers », a fermement dénoncé le président provincial de la Fegasta, Cédric Nkoghé.
L’échec des concertations et la pression fiscale dénoncée
Pourtant, une tentative d’apaisement avait été initiée en janvier dernier. Le maire de Port-Gentil, Pascal Houangni Ambouroue, avait alors réuni les syndicats de transporteurs et la police municipale lors d’une rencontre de cadrage, avec pour objectif déclaré de travailler dans la fraternité et de garantir un climat social apaisé. Mais, sur le terrain, les professionnels du volant affirment que la situation s’est détériorée. Ils fustigent l’impunité dont jouissent les transporteurs clandestins qui, contrairement à eux, s’affranchissent du paiement des vignettes et autres taxes municipales.
Une autre vue de l’AG d’hier
Autre point de rupture : la multiplication des postes de contrôle et le manque de concertation de la municipalité. « Il y a aussi la situation des contrôles quotidiens de la police. Le maire étant le premier magistrat de la ville, il est celui qui doit interpeller ces agents et même la police municipale, afin que les choses soient bien faites dans sa ville. Nous payons les taxes pour exercer dans le périmètre communal, grande est notre surprise de constater que la mairie a lancé le collage de numéros de portières sans nous inviter. Nous donnons dix jours francs au maire à compter du lundi 4 mai pour tout régler », a prévenu Cédric Nkoghé.
Un préavis de grève pour paralyser la capitale économique
La liste des griefs ne s’arrête pas là. Les transporteurs ont également soulevé l’épineuse question du port obligatoire de la blouse, l’aménagement des zones de stationnement aux abords des marchés, l’exigence de la boîte à pharmacie et le phénomène endémique de racket qui gangrène le périmètre communal. Face au mutisme des autorités locales, le syndicat brandit la menace d’une paralysie totale. « S’il ne prend pas action dans les dix jours qui suivent, nous allons rentrer en grève et paralyser toute la ville », a averti le leader syndical.
Cette exaspération est largement partagée par la base, qui exige des solutions adaptées à la réalité de leur métier. « On a déjà dit au maire que nous ne pouvons pas porter de blouse pour faire taxi. On veut qu’elle soit remplacée par des macarons ou des badges. Dans notre cahier des charges, ce problème sera contenu, tout comme celui des clandos qui envahissent la ville sans inquiétude totale et celui des contrôles intensifs. On ne peut pas avoir des contrôles du lundi au dimanche et dans tous les quartiers. C’est trop ! », a fustigé Rodrigue Mpira, représentant de la société civile. L’ultimatum est désormais lancé, laissant l’exécutif local sous la menace d’un blocage imminent de la mobilité urbaine mariligéenne.
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