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Remboursement

Poste SA : Premiers 10 milliards pour réparer 10 ans de calvaire pour 60 671 épargnants floués

Poste SA : Premiers 10 milliards pour réparer 10 ans de calvaire pour 60 671 épargnants floués
Poste SA : Premiers 10 milliards pour réparer 10 ans de calvaire pour 60 671 épargnants floués © 2026 D.R./Info241

Depuis ce vendredi 19 juin, des milliers d’épargnants de Poste SA ont enfin aperçu le début d’une réparation longtemps promise, longtemps repoussée. Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, a officiellement lancé hier l’opération de remboursement des épargnants lésés de La Poste SA, lors d’une cérémonie organisée à la Poste centrale à Libreville. Cette première phase repose sur une enveloppe de 10 milliards de francs CFA, destinée à amorcer l’indemnisation d’une partie des milliers de Gabonais dont les économies étaient restées bloquées depuis le naufrage de l’ancienne PosteBank.

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L’annonce avait été faite quatre jours plus tôt, le lundi 15 juin, devant le Parlement réuni en Congrès, lors du discours sur l’état de la Nation. Brice Clotaire Oligui Nguema avait alors indiqué que le paiement de la première tranche destinée aux épargnants de La Poste serait effectif dès le mardi 16 juin 2026. Le lancement officiel du 19 juin donne donc corps à cet engagement présidentiel, dans un dossier devenu l’un des symboles les plus douloureux de la faillite de la parole publique sous le régime précédent.

Un vieux dossier hérité de l’ère Ali Bongo

La crise de La Poste SA et de son ancienne branche bancaire, PosteBank, remonte aux années de gestion sous Ali Bongo Ondimba. Dès 2017, la banqueroute de cet établissement parapublic avait laissé des milliers de clients sans accès à leur épargne. Salaires, pensions, économies familiales, projets immobiliers, frais de scolarité ou petits commerces : pour de nombreux ménages, ce blocage brutal avait détruit des années d’efforts et plongé des familles entières dans l’incertitude.

Des épargants en attente de paiement

Pendant près de dix ans, les épargnants ont multiplié les démarches, les réunions, les plaintes et les appels à l’État. Ils réclamaient simplement la restitution de leur argent. Les promesses se sont succédé, sans règlement définitif. Certains bénéficiaires potentiels sont morts avant même de voir le début d’un remboursement. C’est cette injustice ancienne que le pouvoir actuel dit vouloir réparer progressivement.

10 milliards aujourd’hui, une ardoise encore lourde

L’enveloppe débloquée ce 19 juin constitue une première tranche. Elle ne solde pas encore l’ensemble du dossier, dont le montant global varie selon les périmètres retenus : petits épargnants, créances bancaires, passif de l’ancienne PosteBank ou engagements plus larges liés à La Poste SA. Dans le cadre de l’opération engagée ce vendredi, les autorités mettent en avant une première réponse de 10 milliards de francs CFA, sur une ardoise présentée autour de 35 milliards de francs CFA due aux épargnants floués.

Selon les chiffres avancés dans le dossier, environ 60 671 épargnants seraient concernés par cette réparation. Tous ne seront donc pas remboursés immédiatement par cette première enveloppe. L’enjeu des prochaines étapes sera de garantir un calendrier clair, transparent et vérifiable, afin que les bénéficiaires sachent quand et comment ils pourront effectivement récupérer leur dû.

Une cérémonie à forte charge émotionnelle

La cérémonie de lancement a été marquée par la remise symbolique des premiers chèques à des bénéficiaires. Autour du chef de l’État se trouvaient notamment le vice-président de la République et plusieurs membres du gouvernement. L’image voulait envoyer un message politique simple : l’État reconnaît enfin la dette morale et financière contractée envers ces Gabonais lésés.

Le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a insisté sur la portée humaine de cette réparation. « Nos pensées se dirigent naturellement vers ces pères et mères de famille, ces grands-parents qui ont quitté le monde des vivants sans jamais recouvrer leurs créances », a-t-il déclaré. Une manière de rappeler que derrière les lignes comptables, ce dossier a provoqué de véritables drames familiaux.

Une réparation sociale, pas seulement financière

Pour le gouvernement, le remboursement des épargnants de La Poste ne relève pas d’une simple opération de trésorerie. Il s’agit d’un acte de justice sociale, destiné à restaurer la confiance entre l’État et des citoyens qui s’étaient sentis abandonnés. Germain Biahodjow l’a résumé en des termes très politiques : « Ce geste n’est pas seulement un remboursement. C’est une restitution de la dignité de milliers de compatriotes. »

Cette formule traduit l’ambition de l’exécutif : faire de ce dossier un marqueur de rupture. Là où l’ancien régime avait laissé la crise s’enliser, le pouvoir actuel veut montrer qu’il peut reprendre les vieux contentieux, identifier les bénéficiaires et commencer à payer. Dans un pays où plusieurs dettes sociales restent pendantes, le signal est important.

Une réparation sous contrainte budgétaire

Cette opération intervient dans un contexte financier tendu. L’État doit à la fois financer les chantiers d’infrastructures, solder des arriérés sociaux, soutenir les services publics, répondre à la vie chère et gérer une dette publique élevée. Malgré ces contraintes, le choix de débloquer une première tranche pour les épargnants de La Poste traduit une volonté de traiter certains dossiers symboliques longtemps abandonnés.

Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, ce remboursement sert aussi de preuve politique. Dans son discours sur l’état de la Nation, le chef de l’État a revendiqué un mandat de responsabilité, d’action et de réparation. Le dossier de La Poste lui permet de mettre cette promesse à l’épreuve du concret : payer là où l’État avait trop longtemps différé.

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