Gabon : l’ordonnance d’Oligui sur la régulation des réseaux sociaux examinée dès le 26 mai à l’Assemblée
Acculé ce jeudi à l’Assemblée nationale sur la suspension prolongée des réseaux sociaux, Germain Biahodjow a fini par lâcher une information attendue depuis des semaines : l’ordonnance sur la régulation des plateformes numériques sera examinée par les députés dès le 26 mai. Ce passage parlementaire s’annonce décisif pour un texte publié tardivement au Journal officiel, alors que Facebook, WhatsApp, TikTok, X et d’autres plateformes restent officiellement suspendus au Gabon depuis le 17 février, poussant de nombreux usagers vers les VPN.
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Le ministre de la Communication et des Médias n’était pourtant pas venu défendre, à l’origine, ce texte sur les réseaux sociaux. Son passage devant la Commission de la communication, de l’information et des technologies numériques portait notamment sur l’ordonnance n°0013/PR/2026 du 26 février 2026, qui modifie certaines dispositions de la loi n°014/2023 du 3 juillet 2023 portant réorganisation de la Haute autorité de la communication (HAC). Ce texte élargit notamment les missions de la HAC à la communication audiovisuelle, cinématographique, écrite, numérique et à la publicité.
Immongault conditionne la levée à plusieurs étapes
La veille, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, avait apporté des précisions sur les modalités de sortie de crise. Interrogé mercredi sur Gabon 1re, il a expliqué que l’idée ayant conduit le gouvernement à prendre une ordonnance était de « réguler ce secteur ». Selon lui, le projet de ratification doit être défendu devant les deux chambres du Parlement avant que la HAC, qui avait initialement prononcé la suspension, ne procède à une évaluation de ce que le gouvernement aura accompli.
Le ministre au cours de son audition hier
Hermann Immongault a surtout laissé entendre que le retour des plateformes ne sera pas automatique. « Toutes les cases ont-elles été cochées ? Les interlocuteurs jusque-là non identifiés ont-ils été clairement identifiés ? C’est à ce moment-là que la mesure pourra être levée », a-t-il indiqué en substance. Autrement dit, même l’examen de l’ordonnance le 26 mai ne garantit pas une réouverture immédiate des réseaux sociaux : le gouvernement entend d’abord faire adopter le cadre légal, identifier les interlocuteurs du secteur et laisser la HAC apprécier si les conditions sont réunies.
Le 26 mai, un test politique pour les députés
L’examen annoncé de l’ordonnance n°0011/PR/2026 dès le 26 mai devient donc un rendez-vous politique majeur. Les députés devront se prononcer sur un texte qui touche directement à la liberté d’expression, à la responsabilité des plateformes, à la régulation des contenus et au pouvoir de contrôle des autorités publiques sur l’espace numérique. Derrière la technicité du texte, c’est l’équilibre entre régulation et libertés publiques qui sera au cœur du débat.
Le débat devra aussi clarifier une question essentielle : la ratification du texte ouvrira-t-elle immédiatement la voie à la levée de la suspension ? Pour l’heure, aucune date officielle de rétablissement normal des réseaux sociaux n’a été communiquée. Mais l’indiscrétion lâchée par Germain Biahodjow, combinée aux précisions données la veille par Hermann Immongault, laisse entendre que le gouvernement veut désormais inscrire la sortie de crise dans un cadre parlementaire, puis réglementaire.
Une sortie de crise encore incertaine
Après plus de trois mois de suspension, l’exécutif tente donc de transformer une mesure contestée en séquence institutionnelle. L’ordonnance n°0011/PR/2026 peut offrir un cadre juridique à la régulation des plateformes numériques, tandis que l’ordonnance n°0013/PR/2026 donne à la HAC des compétences élargies dans l’univers numérique. Mais la question centrale demeure : ces textes serviront-ils à organiser le retour des réseaux sociaux ou à prolonger leur contrôle strict ?
Pour les usagers, les entrepreneurs, les journalistes, les créateurs de contenus et la diaspora, l’urgence est moins théorique : il s’agit de retrouver un accès normal aux plateformes. Le 26 mai ne sera donc pas seulement une étape législative. Ce sera un test de crédibilité pour le gouvernement, sommé de démontrer que la régulation annoncée n’est pas une mise sous verrou durable de l’espace numérique, mais bien la voie de sortie d’une crise qui pénalise depuis trop longtemps les Gabonais connectés.
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