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Gouvernance électorale au Gabon : Nadia Koye brise le silence et démonte les accusations contre l’ex CGE

Gouvernance électorale au Gabon : Nadia Koye brise le silence et démonte les accusations contre l’ex CGE
Gouvernance électorale au Gabon : Nadia Koye brise le silence et démonte les accusations contre l’ex CGE © 2026 D.R./Info241

Juriste et actrice engagée de la vie politique gabonaise depuis plus d’une décennie, Nadia Christelle Koye livre pour les lecteurs d’Info241, une tribune sans concession sur les mécanismes de la gouvernance électorale au Gabon. Revenant sur son rôle au sein du Centre gabonais des élections et les polémiques entourant la présidentielle du 26 août 2023, elle démonte, textes à l’appui, les accusations portées contre l’opposition et pointe les dérives d’un système électoral fragilisé de l’intérieur. Entre mise au point personnelle et plaidoyer politique, l’auteure interpelle sur les responsabilités collectives et appelle à dépasser les manipulations pour construire une démocratie plus crédible. Lecture.

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La gouvernance électorale est au cœur de tout processus démocratique. Elle constitue un pilier stratégique majeur qui intéresse tout l’écosystème intervenant dans le mécanisme électoral : l’exécutif, les différentes juridictions, les partis politiques, les candidats aux différentes élections politiques et même le peuple, qui exerce la souveraineté nationale.

La gouvernance électorale est multidimensionnelle et comprend différentes étapes majeures, dont la plus cruciale est celle de la désignation des acteurs intervenant dans l’animation et le fonctionnement des organes en charge de la gestion du processus électoral. Viennent ensuite la confection du calendrier électoral, les actes administratifs régissant l’organisation du scrutin, la désignation des commissaires électoraux, des scrutateurs, le vote, puis l’annonce par le CGE et enfin la proclamation des résultats électoraux par la Cour constitutionnelle.

  Le fonctionnement du système sous l’ancienne loi électorale

Sous l’empire de l’ancienne loi électorale, ces étapes, à l’exception de la proclamation des résultats par la Cour constitutionnelle, étaient organisées par un président neutre, du camp de la majorité composé de trois membres du bureau et quatre membres de la plénière, ainsi que du camp de l’opposition dont la composition était de la même nature.

L’organisation des travaux se faisait sur le principe de la neutralité. Une gageure pour l’opposition, dans un contexte où l’opposition, composée de 105 partis politiques, était atteinte d’un strabisme divergent extrême. Les différents regroupements de partis politiques, aux ambitions divergentes, certains parasités par le système, n’ont jamais réussi à s’accorder et à remettre une liste consensuelle de leurs représentants, ainsi que l’exigeait la loi.

Toutes choses qui imposaient des arbitrages devant tenir compte de l’ensemble des partis politiques pour désigner les 160 commissaires électoraux et les près de 4 000 scrutateurs, dans un véritable festival de cupidité favorisant la résurrection de certains partis politiques qui sortaient de leur hibernation à la veille des échéances politiques.

  Annonce des résultats et responsabilités réelles

La responsabilité de l’annonce des résultats ne pouvait donc pas reposer sur la seule personne du vice-président du CGE, fût-il de l’opposition, puisque les décisions étaient prises de manière collégiale. Mais leur contestation, oui.

Conformément aux textes, la contestation des résultats ne se faisait pas à l’annonce des résultats électoraux, au risque de se voir exclure des travaux de la plénière et de compromettre les chances de l’opposition de justifier lesdites contestations. La contestation se faisait dans le procès-verbal sanctionnant les travaux et donnait l’opportunité à l’initiateur de contester les résultats électoraux devant la Cour constitutionnelle. C’est le choix que j’avais décidé de faire et que j’assume en toute responsabilité.

  Manipulations, contrevérités et instrumentalisation politique

L’ homo politicus ne saurait l’ignorer, sauf manipulation politicienne obscure ou incompétence politique avérée, ce qui serait encore plus grave pour ceux qui revendiquent, abusivement et de manière incantatoire, incarner une alternative politique vertueuse et crédible.

Il y a un adage qui dit que lorsque, dans le corps de garde, l’ancien accuse l’enfant avec insistance, c’est qu’il veut détourner l’attention de ses propres flatulences.

Depuis quelques jours, l’emblématique vidéo de l’annonce des résultats électoraux de l’élection présidentielle du 26 août 2023 est abondamment diffusée sur les réseaux sociaux. Cette vidéo mettrait en exergue la responsabilité du vice-président du Centre gabonais des élections pour le compte de l’opposition, accusée d’avoir vendu le vote des Gabonais au bénéfice du pouvoir, fort heureusement déchu par le CTRI.

Cette conception erronée est non seulement inconstitutionnelle, mais elle illustre une immaturité politique et même civique qui inquiète par la qualité de ses auteurs.

  Qui a réellement fragilisé le processus électoral ?

Ce qui est le plus ahurissant, c’est que ces accusations émanent notamment de personnes qui ont elles-mêmes, et de manière évidente, directement ou indirectement, favorisé la fraude électorale.

En effet, qui a favorisé l’explosion de la reconnaissance des partis politiques de l’opposition, avec 107 partis pour l’opposition contre 4 pour la majorité ?

Qui a imposé que certains de ces partis politiques, qui n’ont jamais eu un seul élu et dont la seule preuve d’existence était le récépissé qui leur était gracieusement offert pour phagocyter l’opposition, participent au processus électoral afin de permettre à des espions de pénétrer le camp de l’opposition au sein du CGE ?

Qui a financé certains partis politiques de l’opposition pour parasiter les représentants de l’opposition dans les commissions électorales locales et, in fine , dans les bureaux de vote ?

Qui a organisé le bug du système informatique pour manipuler la désorganisation du scrutin, écueil que j’ai évité en prenant par anticipation une équipe informatique à mon compte personnel ?

Qui a envoyé ces partis politiques me menacer et même m’agresser pour influencer mes décisions en faveur de la véritable opposition ?

Qui a coupé internet, pas les réseaux sociaux mais internet, pour empêcher la collecte des procès-verbaux permettant de comparer les résultats électoraux de l’opposition à ceux de la majorité ?

Qui pratique la danse du crabe en applaudissant le coup de libération pendant quelques jours, puis, au gré de ses intérêts, se retrouve au tribunal pour attaquer une institution alors que l’on a fait pire ?

  Un engagement personnel ancien et assumé

Je m’appelle Koye Nadia Christelle. En 2010, j’ai démissionné de mon poste attractif de chef de service des affaires juridiques à Gabon Télécom pour me mettre au service de mon pays, séduite par l’évanescent PSGE. Déçue par les promesses creuses, je me suis engagée en politique, alors que j’étais une femme en activité au Secrétariat général du gouvernement en 2015, ce qui constituait un acte héroïque au regard de ce que représentait le régime à cette époque.

En ce temps-là, beaucoup n’osaient pas afficher leur positionnement dans l’opposition. Je l’ai fait et j’ai subi toutes les pressions sociales possibles, mais je l’ai fait par amour pour mon pays.

J’ai participé à la création du mouvement Héritage et Modernité, où j’occupais les fonctions de secrétaire général adjoint 5.

En 2016, j’ai échappé de justesse à plusieurs assauts, dont celui de la marche pacifique de Sobraga ou celui du QG de Jean Ping.

Ma maison a été incendiée.

Ma vie familiale s’est décomposée en raison de mon engagement politique.

J’ai perdu des avantages et, plus encore, la stabilité.

J’ai fait le tour du Gabon et j’ai mesuré la détresse des Gabonais, ce qui a renforcé ma détermination.

  Une légitimité politique revendiquée

J’ai participé, pour le compte de Guy Nzouba Ndama, à la rédaction puis au dépôt du recours de Jean Ping devant la Cour constitutionnelle, et j’en ai mesuré les faiblesses du point de vue de l’implication de l’opposition dans le processus électoral.

J’ai été membre du principal parti de l’opposition sous le régime déchu.

Je mets au défi quiconque, et surtout les néo-opposants, de faire la démonstration de leur engagement politique alors qu’ils sont dans leurs salons feutrés, ou derrière leurs écrans pour polluer les réseaux sociaux.

  Un ancrage actuel présenté comme une continuité

Je remercie infiniment le CTRI et principalement le président de la République, chef de l’État, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, qui nous a offert l’opportunité d’une alternance démocratique et nous a réconciliés avec nos valeurs culturelles et patriotiques.

Mon ancrage politique actuel est la suite logique de mon engagement en faveur du Gabon depuis plus de onze ans.

  Un appel à la vérité et à la construction

Il y a un adage qui dit que lorsque le singe grimpe sur l’arbre, il montre ses parties intimes.

Arrêtez de mentir. Le Gabon est en construction et les perspectives sont très encourageantes.

 

Nadia Christelle Koye , ancienne membre du CGE

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