Délestages au Gabon : Oligui Nguema et le gouvernement haussent le ton, mais l’attente continue
La fin des délestages intempestifs est désormais érigée en priorité absolue au sommet de l’État. Dans le Grand Libreville, où les coupures de courant rythment le quotidien des ménages, des commerçants et des services essentiels, la colère ne retombe pas. Face à cette situation qui paralyse l’économie et dégrade les conditions de vie, l’exécutif multiplie les réunions de crise.
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Après une convocation de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) par le ministre de l’Énergie, Philippe Tonangoye, mardi, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a pris le relais ce jeudi 19 février. Il a reçu une délégation de Karpowership, conduite par son directeur général Umut Cevik, en présence du ministre et des dirigeants de la SEEG, afin d’exiger des résultats concrets et immédiats sur la fourniture d’électricité.
Un diagnostic technique sans surprise
Cette audience présidentielle fait suite à une première rencontre d’urgence organisée mardi en fin de journée par Philippe Tonangoye avec la direction de la SEEG. La délégation technique, menée par Léon Meviane, président du conseil d’administration de la SEEG, y a dressé un constat préoccupant mais déjà connu des usagers : la demande explose, les installations vieillissent et le réseau reste soumis à des « contraintes techniques ponctuelles ».
La réunion de crise autour du ministre de l’Energie
Devant ce diagnostic, le ministre avait déjà exigé l’accélération des travaux de modernisation et la mise en œuvre « immédiate » de solutions correctives. L’objectif affiché était clair : réduire rapidement la fréquence des coupures, tout en posant les bases d’une stabilisation durable du réseau, notamment dans le Grand Libreville, principal foyer des tensions.
Des résultats exigés au plus haut niveau
Jeudi, Brice Clotaire Oligui Nguema a durci le ton. Malgré les projets annoncés — notamment ceux portés par Aksa Enerji et la centrale flottante turque Karpowership — les effets tardent à se traduire dans le quotidien, alors même que des investissements ont été engagés. Pour le Chef de l’État, l’heure n’est plus aux annonces, mais à des résultats mesurables.
L’audience présidentielle d’hier
Le président de la République a ainsi demandé l’intensification des efforts, à travers de nouveaux investissements ou une optimisation urgente des infrastructures existantes. Il a surtout exigé une réduction rapide et durable des délestages sur l’ensemble du territoire, en particulier dans les zones où la continuité du service conditionne l’activité économique et le fonctionnement des services essentiels.
L’énergie, pilier du projet présidentiel
Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, l’accès fiable à l’eau potable et à l’énergie constitue le pilier 1 de son projet de société, et un prérequis pour stimuler la croissance, réduire les inégalités et améliorer les conditions de vie. Cette priorité politique, réaffirmée au plus haut niveau, place désormais les opérateurs face à une obligation de performance, sous le regard direct des autorités.
Dans le même temps, la SEEG a indiqué poursuivre la construction d’une seconde ligne de transport destinée à autonomiser Akanda et à stabiliser l’ensemble du réseau. Présentée comme une infrastructure stratégique, cette ligne est censée réduire la vulnérabilité du système électrique et limiter les coupures en cascade lorsque le réseau est sous tension.
Cependant, aucun délai précis n’a été communiqué quant à l’aboutissement de ces travaux. En l’absence d’un calendrier clair et public, les explications techniques peinent à rassurer. Pour l’heure, les populations restent confrontées à une obscurité intermittente, dans l’attente de résultats concrets qui tardent à se matérialiser.
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