Gabon : Les autorités ordonnent la suspension immédiate et totale des réseaux sociaux
C’est une décision aussi radicale qu’inattendue qui vient de s’abattre sur le paysage numérique gabonais et de couper instantanément le pays du village planétaire. Invoquant une prolifération de dérives menaçant la cohésion sociale et la sécurité nationale, la Haute autorité de la communication (HAC) a décrété, ce mardi, la suspension immédiate de l’ensemble des réseaux sociaux sur le territoire national, et ce, jusqu’à nouvel ordre. Une mesure extrême qui marque un tournant répressif majeur dans la régulation d’internet au Gabon.
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Un rubicon franchit par les autorités
Réunie en séance plénière ordinaire à son siège de l’avenue de la Libération, sous la présidence de Germain Ngoyo Moussavou, l’institution de régulation a décidé de taper du poing sur la table. Dans un communiqué aux allures de réquisitoire lu à la télévision publique ce soir, la HAC dresse un constat particulièrement alarmant : les plateformes numériques sont devenues le théâtre d’une diffusion endémique de contenus jugés « inappropriés, diffamatoires, haineux et injurieux ».
Pour le régulateur, la ligne rouge a été franchie. L’honneur des citoyens, la dignité humaine, les bonnes mœurs et la stabilité même des institutions de la République sont aujourd’hui directement menacés par les agissements d’une frange d’utilisateurs. Une décision radicale qui est une première dans le pays censé retrouver le chemin d’une nouvelle Republique. Même sous les Bongo, les autorités n’en étaient jamais arrivés à une telle extrême.
Un réquisitoire contre les « activistes » et la cybercriminalité
La HAC pointe directement du doigt certains « activistes » qui utiliseraient abusivement ces espaces virtuels pour lancer des cabales contre des citoyens, des personnalités publiques et des institutions de l’État.
S’appuyant sur la loi n°019/2016 du 9 août 2016 portant Code de la communication, ainsi que sur les règlements internationaux, l’institution a listé les manquements graves ayant motivé cette coupure drastique :
La désinformation massive (Fake news) : La propagation de fausses nouvelles susceptibles de troubler l’ordre public et d’ébranler la défense nationale.
Le lynchage médiatique : La diffusion d’injures et de propos diffamatoires détruisant la réputation et violant l’intimité des personnes ciblées.
Le cyberharcèlement : L’incitation à des attaques organisées et coordonnées contre des cibles précises.
Le "Doxing" : La divulgation non autorisée de données personnelles, en violation totale des réglementations sur la protection de la vie privée.
Au-delà des utilisateurs, la Haute Autorité de la Communication s’en prend également aux multinationales du numérique. En sa qualité de gendarme de la communication, la HAC déplore fermement « l’absence d’une véritable volonté de modération des contenus illicites » de la part des grandes plateformes. Un laxisme algorithmique et humain qui, selon les autorités gabonaises, transforme ces réseaux en zones de non-droit.
La liberté d’expression sous condition
Consciente des critiques que ne manquera pas de soulever une telle coupure généralisée — assimilée par beaucoup à une censure d’État —, l’institution a tenu à clarifier sa position sur les libertés fondamentales :
« La liberté d’expression, y compris la liberté de commentaire et de critique, est un droit fondamental garanti au Gabon. [Cependant, elle] ne saurait s’exercer en violation flagrante des lois nationales et internationales. »
Estimant que l’impunité virtuelle actuelle est de nature à engendrer des conflits sociaux et à mettre en péril l’unité et les acquis démocratiques de la nation, le gouvernement a donc opté pour l’électrochoc. Jusqu’à nouvel ordre, l’écran noir s’impose sur les réseaux sociaux gabonais, plongeant des millions d’utilisateurs, d’entrepreneurs et de médias dans un silence numérique forcé.
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