Gabon : Vers une année de cure en 2026 ? Les projections redoutées d’un programme du FMI
Sur la dernière décennie, l’État gabonais aurait consacré au service de la dette une enveloppe comprise entre 1 100 et 1 500 milliards de FCFA par an, selon une analyse qui circule dans les milieux économiques. À rebours du débat centré sur le seul volume de l’endettement, ce document met l’accent sur la mécanique du recouvrement : la dette ne pèserait pas seulement par son stock, mais par la charge annuelle qu’elle impose au budget, au détriment des dépenses sociales et des investissements publics.
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La même lecture estime que l’entrée dans un programme avec le Fonds monétaire international (FMI) pourrait marquer un tournant dès 2026. Le risque, selon l’auteur, serait celui d’un ajustement brutal, dicté par l’urgence de sécuriser le paiement des créanciers et d’éviter un scénario de défaut. En toile de fond, une dette globale est estimée à 8 600 milliards de FCFA « à date ».
L’arsenal FMI : coupes, fin des subventions, privatisations
Le document décrit une méthode de mobilisation des ressources attribuée au FMI, structurée autour de quatre leviers. D’abord, des coupes budgétaires dans le budget de l’État, qui réduiraient mécaniquement la dépense publique. Ensuite, la suppression de subventions, afin de diminuer les charges récurrentes et de réallouer les marges de manœuvre. Troisième instrument : la privatisation d’entreprises publiques, présentée comme une voie de rationalisation et de génération de recettes, mais politiquement sensible.
Récapitulatif des hypothèses et effets annoncés
| Hypothèse 2026 | Service de la dette (FCFA) | Équivalent annoncé (part du PIB) | Baisse de dette annoncée | Taux d’endettement visé en 2027 (hors prêt) | Effet du prêt concessionnel FMI/BM (105 milliards) | Effet du prêt concessionnel FMI/BM (120 milliards) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Scénario A | 2 000 milliards | 18,181 % | 23,255 % | 60,000 % | 60,954 % | 61,090 % |
| Scénario B | 2 500 milliards | 22,727 % | 29,069 % | 55,454 % | 56,409 % | 56,545 % |
Enfin, un prêt concessionnel d’appui du FMI et de la Banque mondiale (BM), évalué à 105 milliards ou 120 milliards de FCFA selon les projections évoquées. À cela s’ajoute une condition jugée incontournable : une transparence économique et financière accrue de l’État débiteur. Selon cette analyse, la logique du programme viserait à sécuriser les créances des bailleurs dans un environnement où la fragilité de trésorerie et la perception du risque peuvent faire planer une menace de défaut.
Une projection 2026 « hors norme » : 2 000 à 2 500 milliards de service de la dette
Le cœur du raisonnement porte sur 2026. Le document avance que le FMI pourrait chercher à « optimiser » le service de la dette à un niveau compris entre 2 000 et 2 500 milliards de FCFA sur l’année. Dans cette hypothèse, l’effort représenterait, selon les équivalences fournies, 18,181 % du PIB si le service atteint 2 000 milliards, et 22,727 % du PIB s’il monte à 2 500 milliards.
L’auteur associe à ces montants une baisse du stock de dette évaluée à 23,255 % (si 2 000 milliards) ou 29,069 % (si 2 500 milliards), au titre de 2026. Une projection qui, si elle se matérialisait, placerait le budget face à un arbitrage inédit entre obligations financières et continuité des politiques publiques.
Deux scénarios, un même dilemme : choc immédiat ou ajustement graduel
L’analyse déroule ensuite deux trajectoires possibles à l’horizon 2027. Dans le scénario où le service de la dette est porté à 2 000 milliards en 2026, l’objectif serait de ramener le taux d’endettement à 60 % en 2027. Mais l’intégration d’un prêt concessionnel FMI/BM rehausserait légèrement ce taux : 60,954 % (avec 105 milliards) ou 61,090 % (avec 120 milliards), selon les chiffres avancés.
Dans l’hypothèse d’un service de la dette à 2 500 milliards en 2026, la baisse visée serait plus marquée, avec un taux d’endettement projeté à 55,454 % en 2027. Là encore, le prêt concessionnel ferait remonter légèrement l’indicateur : 56,409 % (avec 105 milliards) ou 56,545 % (avec 120 milliards).
L’appel à « un langage franc » et à la mobilisation
En conclusion, le document pose un choix politique : engager une « grande cure » dès 2026 et viser un retour à l’équilibre macroéconomique en 2027, ou procéder « par à-coups » dans la résolution du surendettement, au risque de prolonger la vulnérabilité. L’auteur plaide pour un « langage franc » et appelle à mobiliser la population pour traverser une année 2026 annoncée comme difficile, tout en orientant l’effort vers l’investissement et la stabilité sociale à moyen terme.
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