Port-Gentil : Vers 3 mois de délestage pour muer la capitale économique gabonaise en ville lumière
Dans le cadre de l’amélioration durable de la desserte en électricité à Port-Gentil, le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, a effectué ce mardi une mission d’inspection et de sensibilisation à la centrale thermique du Cap-Lopez et à celle de la SEEG , située sur les hauteurs du quartier Sogec, dans le 1er arrondissement . La visite intervient au moment du lancement des travaux de remplacement de deux turbines à gaz. Une opération technique majeure qui va imposer une période de délestage annoncée entre deux et trois mois.
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Le ministre a ensuite échangé hier avec des responsables administratifs, des opérateurs économiques et des représentants d’associations, pour exposer le dispositif arrêté avec la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Il a assumé un message direct sur les contraintes à venir. « Nous sommes venus pour le lancement des travaux de démantèlement et de remplacement de deux turbines à gaz à la SEEG de Port-Gentil. Nous sommes également venus annoncer le programme de délestage parce que ces travaux vont durer deux à trois mois, et voir les dispositions prises afin de relayer les 9 mégawatts qu’on aura retirés du réseau » , a déclaré Philippe Tonangoye.
Délestage : 9 MW retirés du réseau pendant les travaux
Cette rencontre d’information visait à cadrer l’ampleur des travaux engagés pour renforcer la capacité énergétique de Port-Gentil. Le ministre a rappelé que le Gabon avait beaucoup investi dans les années 1970 dans l’eau et l’électricité, sans pour autant assurer, ensuite, le renouvellement et l’entretien des équipements. Résultat, selon lui : des infrastructures vieillissantes, désormais à bout de souffle, qui ne répondent plus à la demande. Tonangoye a ainsi relié les perturbations actuelles à une accumulation de retards structurels.
| Axe | Informations clés | Dates / lieux | Chiffres annoncés | Acteurs |
|---|---|---|---|---|
| Objet de la mission | Inspection et sensibilisation sur la desserte électrique de Port-Gentil, avec lancement des travaux de remplacement de turbines | Centrales du Cap-Lopez et de la SEEG (hauteurs du quartier Sogec, 1er arrondissement, Port-Gentil) ; mission effectuée « ce mardi » | Délestage estimé entre 2 et 3 mois | Ministre Philippe Tonangoye ; SEEG |
| Travaux en cours | Démantèlement et remplacement de deux turbines à gaz à la SEEG de Port-Gentil, avec annonce du programme de délestage | Réunion d’information : mardi 3 février | Retrait temporaire de 9 MW du réseau | Philippe Tonangoye ; dirigeants SEEG ; autorités administratives ; opérateurs économiques ; associations |
| Contexte structurel | Vieillissement des infrastructures eau/électricité issues des investissements des années 1970, jugées insuffisamment renouvelées et entretenues | Référence aux investissements « depuis les années 1970 » | Production actuelle par centrale : env. 10–12 MW (au lieu de 25 MW) | État ; SEEG |
| Budget et exécution | Critique d’une sous-exécution des budgets d’investissement du ministère | Bilan évoqué « jusqu’à la fin de 2025 » | 28 milliards de F CFA prévus ; 2 % exécutés | Ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie |
| Programmation nationale | Loi de programmation énergétique et hydrique annoncée, visant la modernisation des infrastructures | Soumission au Parlement annoncée pour mars | 2 000 milliards de F CFA sur 7 ans ; près de 200 milliards déjà engagés | Gouvernement ; Parlement |
| Calendrier de renforcement | Promesse d’un gain rapide de puissance via nouvelles centrales | « 100 premiers jours » ; « d’ici la fin de l’année » | 1re centrale : doublement de la puissance disponible ; 2e centrale : 40 MW | Gouvernement ; ministère ; opérateurs |
| Mobilisation locale | Appel aux élus pour expliquer les délestages et suivre l’avancement des travaux | Port-Gentil ; suivi annoncé toutes les trois semaines | Fréquence de suivi : tous les 3 semaines | Maires d’arrondissement ; autorités locales ; ministère |
| Partenariat industriel | Partenariat stratégique avec l’entreprise turque Aksa pour l’installation de turbines à Port-Gentil et au Cap-Lopez | Port-Gentil ; Cap-Lopez | Capacité globale annoncée : 50 MW | Président Brice Clotaire Oligui Nguema ; Aksa |
Il a surtout pointé un déficit d’exécution budgétaire qu’il juge révélateur. « Le ministère dont j’ai la charge jusqu’à la fin de 2025 bénéficiait de 28 milliards de FCFA du budget d’investissement, et le taux d’exécution de ces budgets n’a été que de 2 %. Ça veut dire qu’en 2025 on n’a pas investi » , a-t-il regretté. Pour le ministre, cette sous-exécution a accentué l’obsolescence du parc et réduit la capacité de réponse de l’État. Le constat, martèle-t-il, est celui d’un retard lourd de conséquences sur la qualité du service.
Loi de programmation : 2 000 milliards de F CFA sur sept ans
Philippe Tonangoye inscrit sa démarche dans une nouvelle politique énergétique et hydrique, portée par une loi de programmation annoncée pour mars au Parlement. Le texte prévoit un investissement sur sept ans , estimé à 2 000 milliards de F CFA , pour moderniser les infrastructures essentielles. Le ministre affirme qu’un premier effort d’environ 200 milliards de F CFA a déjà été consenti, permettant d’engager des travaux sur l’ensemble du territoire. L’exécutif veut accélérer, notamment dans les zones les plus touchées par l’instabilité de l’alimentation.
Photo de famille
Sur le calendrier, Tonangoye annonce des étapes rapprochées. « Pour les 100 premiers jours, nous aurons une première centrale qui va nous apporter le double de la puissance disponible aujourd’hui à Port-Gentil, et d’ici la fin de l’année nous aurons une deuxième centrale de 40 mégawatts qui va être installée. Les problèmes énergétiques devront, d’ici la fin de l’année, commencer à trouver des solutions idoines », a-t-il assuré. Le ministre présente ces annonces comme un tournant, à condition que les chantiers avancent au rythme prévu et que les relais de production soient effectivement mobilisés.
Élus locaux mobilisés et partenariat avec Aksa
Dans ses échanges avec les autorités locales, le ministre a demandé aux élus d’assumer un rôle de relais auprès des populations, afin d’expliquer les mécanismes et les contraintes des délestages programmés. Il a rappelé que Port-Gentil, deuxième ville du pays et capitale économique, ne peut soutenir son activité sans énergie stable. « Nous sommes dans la deuxième ville du Gabon, sans énergie l’économie ne se développe pas. Tous les maires d’arrondissement feront un tour toutes les trois semaines pour voir l’évolution effective de ces travaux », a-t-il annoncé, en posant un principe de suivi régulier.
Le membre du gouvernement a aussi reconnu la légitimité des plaintes, tout en appelant à la responsabilité face à une situation qu’il présente comme conjoncturelle et liée à la vétusté. « Nous avons deux usines à Port-Gentil depuis les années 70, chacune ne produit plus 25 mégawatts mais autour de 10, 11 ou 12 mégawatts. Ça veut dire qu’elles sont arrivées à bout de potentiel, elles sont fatiguées » , a-t-il admis. Pour une réponse durable, il rappelle qu’un partenariat stratégique a été signé par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, avec l’entreprise turque Aksa, prévoyant l’installation de deux turbines — l’une à Port-Gentil, l’autre au Cap-Lopez — pour une capacité globale annoncée de 50 MW. Dans son discours à la Nation, le chef de l’État a, selon le ministre, réaffirmé l’ambition de faire du Gabon un pool énergétique sous-régional.
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