Entretien

« Le rôle du médiateur, c’est d’installer la confiance pour parvenir au compromis » : JG Ntoutoume Ayi

« Le rôle du médiateur, c’est d’installer la confiance pour parvenir au compromis » : JG Ntoutoume Ayi
« Le rôle du médiateur, c’est d’installer la confiance pour parvenir au compromis » : JG Ntoutoume Ayi © 2026 D.R./Info241

Alors que le climat social dans le secteur de l’éducation pourrait connaitre une accalmie avec le retour des enseignants en classe, la rédaction d’Info241 a rencontré ce lundi après-midi le médiateur de cette crise : le député UN d’Akanda Jean Gaspard Ntoutoume Ayi. Dans cet entretien, il insiste sur son rôle — neutralité, impartialité, confidentialité — et affirme que le renouement du dialogue constitue déjà un acquis majeur. Sans entrer dans le détail des revendications, il appelle à des engagements « sincères » et « transparents » du gouvernement, calibrés aux marges budgétaires, tout en espérant une issue apaisée après les arrestations de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, jugées « non constructives ».

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 Info241.com : Pouvez-vous préciser l’étendue exacte de votre mandat de médiateur et les marges de manœuvre dont vous disposez pour parvenir rapidement à une solution de sortie de crise ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Ce qui caractérise un médiateur, ce sont le désintéressement, la neutralité, l’impartialité et la confidentialité, pour atteindre un seul objectif : le compromis.

Le médiateur désigné par le président dans la crise avec SOS Education

Dans le cadre de la médiation que je conduis entre l’État employeur et les agents du secteur de l’Éducation, mes deux interlocuteurs sont, d’une part, le vice-président du Gouvernement, mandaté au nom de l’État par le président de la République, chef de l’État, chef du Gouvernement, et, d’autre part, les neuf représentants provinciaux de SOS Éducation.

Je pense que ce niveau élevé de représentation est un gage de confiance dans la médiation et une assurance de sa réussite.

 Selon vous, qu’est-ce qui a conduit à la rupture du dialogue entre SOS Éducation et le gouvernement ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Un seul mot : la confiance. Confiance en soi et confiance dans l’autre. La confiance des enseignants à l’endroit de leurs collègues qui les représentaient jusque-là au sein de la commission tripartite mise en place par le gouvernement. La confiance des enseignants dans les intentions et la parole du gouvernement. Et aussi la confiance du gouvernement dans la sincérité des revendications des enseignants. C’est donc cette absence de confiance qui a fini par rendre tout dialogue impossible.

  Après vos premiers échanges avec les membres de SOS Éducation, quelles sont les revendications prioritaires qui se dégagent ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Je suis médiateur. Je ne suis donc ni négociateur ni arbitre. Je n’ai donc pas à connaître ni à me prononcer sur le contenu des discussions entre le gouvernement et les enseignants.

Dans le cadre de cette médiation, ma mission première était de permettre aux parties de se faire suffisamment confiance et d’être suffisamment en confiance pour dialoguer. C’est désormais le cas, à la grande satisfaction de tous.

 Vous proposez une approche fondée sur la transparence budgétaire. Quels chiffres ou engagements concrets attendez-vous du gouvernement dans ce cadre ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Il revient au gouvernement et aux représentants des enseignants d’en convenir. Ce que je souhaite, c’est la sincérité et la transparence. Le gouvernement doit s’engager de manière sincère, en fonction des marges budgétaires dont il dispose. Et les enseignants doivent faire confiance à leurs représentants dans les conclusions auxquelles ils seront parvenus dans leurs discussions avec le gouvernement.

 Comment envisagez-vous de hiérarchiser les revendications en fonction des ressources disponibles, tout en évitant de frustrer les enseignants sur le terrain ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Dans le cadre de l’enveloppe budgétaire disponible, les enseignants et le gouvernement devraient s’accorder sur les priorités. Comme je vous le disais, ce n’est pas le rôle de la médiation.

 Deux syndicalistes, Marcel Libama (porte-parole de SOS Éducation) et Simon Ndong Edzo (cadre du Syndicat autonome des enseignants du Gabon), ont été arrêtés puis incarcérés. Quel est votre regard sur cette situation et craignez-vous qu’elle radicalise davantage les grévistes, compliquant ainsi votre médiation ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Ainsi que je l’ai dit lorsque cela s’est produit, ces arrestations n’étaient pas constructives, bien au contraire. Maintenant que les fils du dialogue sont renoués, cette question trouvera, je l’espère, une issue favorable, pour le retour à la sérénité.

 Enfin, quel message souhaitez-vous adresser aux enseignants grévistes, à l’opinion publique, et plus largement à tous les Gabonais inquiets de la situation actuelle dans le pays ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Nul ne peut se satisfaire de voir un conflit social s’enliser, surtout dans un secteur aussi important que l’Éducation. Nous avons besoin de voir nos enfants retrouver leurs salles de classe et leurs enseignants. Nous avons besoin, gouvernants autant que citoyens, d’agir en responsabilité et de traiter les questions d’intérêt général par leurs causes, avec sincérité et courage.

Propos recueillis par Grégoire Moundounga

@info241.com
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