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Réseaux sociaux censurés au Gabon : Le gouvernement d’Oligui Nguema applaudit des deux mains !

Réseaux sociaux censurés au Gabon : Le gouvernement d’Oligui Nguema applaudit des deux mains !
Le ministre de la Communication lisant son message de soutien à la HAC © 2026 D.R./Info241

C’est une décision qui passe mal au sein de l’opinion et qui marque, pour beaucoup, un tournant autoritaire dans la Ve République aux mains de Brice Clotaire Oligui Nguema. Au lendemain de la suspension des réseaux sociaux décrétée par la Haute autorité de la communication (HAC) «  jusqu’à nouvel ordre », le gouvernement gabonais a officiellement pris position. Ce mercredi, le ministre de la Communication, Germain Biahodjow, a salué une mesure pourtant controversée dans l’opinion. L’exécutif assure agir dans un esprit de « préservation de l’ordre public  » et de cohésion nationale. La sortie gouvernementale acte, de fait, un alignement politique avec la décision du régulateur.

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Dans sa déclaration, le gouvernement rappelle d’abord que la HAC est « une autorité administrative indépendante » , chargée de la régulation des communications « audiovisuelle, cinématographique, écrite et numérique ». L’argument central avancé est celui d’une réponse à la « prolifération de contenus inappropriés » accusés d’alimenter la désinformation, le cyberharcèlement et des dérives portant atteinte à la stabilité institutionnelle. Le ministre dit ainsi assumer une logique de protection collective. « Le gouvernement exprime sa solidarité avec la HAC » , affirme la communication officielle, au nom du « vivre-ensemble » et de la paix sociale.

Mesure conservatoire » et promesse de réforme

Sur le plan juridique et politique, l’exécutif tente de cadrer la décision en la présentant comme temporaire et limitée. « La mesure annoncée par la HAC est strictement conservatoire et n’entraîne pas l’interruption de l’accès à Internet » , insiste le gouvernement. Il réfute toute volonté de remise en cause des libertés, allant jusqu’à affirmer : « Cette mesure exceptionnelle n’est point une remise en cause de la liberté d’expression » . L’exécutif réaffirme, dans la même phrase, son attachement « au respect des libertés fondamentales » et à « l’État de droit » .

Le gouvernement annonce également une réforme annoncée comme structurante. Il dit s’engager à « conduire une réforme en profondeur visant à réorganiser et à sécuriser l’écosystème national des communications numériques » , notamment sur les plans juridique et opérationnel. Reconnaissant l’onde de choc économique, la déclaration concède l’impact possible sur « les échanges commerciaux en ligne » et promet d’y « remédier dans les meilleurs délais » . L’exécutif appelle enfin les citoyens et les acteurs médiatiques à « la responsabilité et à la vigilance » afin de préserver la cohésion sociale.

Un signal politique dans la Ve République

Ce soutien gouvernemental intervient alors que la décision de suspension suscite un débat de fond sur la proportionnalité de la réponse. Dans l’opinion, la coupure est perçue par une partie des usagers comme une sanction collective qui pèse sur l’activité numérique, les échanges familiaux et la circulation de l’information. Le fait que l’exécutif endosse publiquement la mesure alimente aussi les lectures politiques, dans un contexte où la Ve République est régulièrement présentée comme un tournant démocratique. L’opposition entre « régulation » et « censure » s’impose déjà comme l’un des marqueurs de la séquence.

Reste désormais la question du calendrier et des conditions de sortie : combien de temps durera la suspension, et sur quels critères précis sera-t-elle levée. La promesse d’une réforme « en profondeur » sera, elle aussi, attendue sur des éléments concrets : cadre légal, mécanismes de contrôle, garanties de recours, et dispositifs de lutte ciblée contre la désinformation. Pour l’heure, le gouvernement assume le choix de la fermeté au nom de l’ordre public. Mais la bataille de l’adhésion, elle, se jouera dans la capacité des autorités à convaincre que la régulation peut protéger sans priver durablement.

Promesses de réformes et inquiétudes économiques

Conscient que cette coupure brutale risque d’asphyxier une économie numérique déjà fragile, le gouvernement s’est dit « préoccupé par l’impact économique que cette décision peut entraîner sur le flux des échanges commerciaux en ligne » et promet d’y remédier « dans les meilleurs délais ». Mais au-delà de la gestion de crise, c’est l’avenir du numérique gabonais qui semble se dessiner sous un jour plus restrictif. Le ministre a en effet annoncé l’engagement du gouvernement « à conduire une réforme en profondeur visant à réorganiser et à sécuriser l’écosystème national des communications numériques ».

Une annonce qui, dans ce contexte de verrouillage, sonne pour beaucoup comme le prélude à un tour de vis législatif supplémentaire sur la liberté d’expression en ligne. En appelant finalement « les citoyens, les acteurs médiatiques et les utilisateurs des réseaux sociaux à la responsabilité » en cette période de Carême, le gouvernement Oligui Nguema demande de la retenue. Reste à savoir si le silence numérique imposé suffira à faire taire les frustrations.

@info241.com
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