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Marchés publics à Port-Gentil : Féfé Onanga dénonce une mafia locale et alerte Oligui Nguema

Marchés publics à Port-Gentil : Féfé Onanga dénonce une mafia locale et alerte Oligui Nguema
Marchés publics à Port-Gentil : Féfé Onanga dénonce une mafia locale et alerte Oligui Nguema © 2026 D.R./Info241

Le ton est monté d’un cran dans la capitale économique gabonaise. Depuis son domicile, l’acteur politique Féfé Onanga a fait une déclaration retentissante le 20 juin dernier, fustigeant ce qu’il qualifie de réseau mafieux opérant autour de l’attribution et de la gestion des marchés publics dans la province de l’Ogooué-Maritime. Faisant preuve de sa verve habituelle, il a directement interpellé le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, sur de présumés détournements de fonds massifs qui éclaboussent actuellement de jeunes entrepreneurs locaux, notamment Arsène Boudzanga et Alexis Delors.

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Le nœud du scandale résiderait, selon l’acteur politique, dans une machination orchestrée par des dignitaires de l’ombre. Dès le 21 juin, Féfé Onanga a pris la défense d’Arsène Boudzanga, l’adjudicataire du marché de réhabilitation du lycée d’État Joseph Ambouroue Avaro. Selon lui, cet opérateur économique est la victime expiatoire d’un système de prédation financière. « Arsène Boudzanga a bel et bien démontré qu’il n’avait pas détourné d’argent. Ceux qui ont mangé les 900 millions de francs CFA sont tapis dans l’ombre. J’attire l’attention du chef de l’État pour lui dire qu’il est entouré d’une bande de voyous qui ressemblent à la mafia italienne », a-t-il fustigé, dénonçant l’arrestation de l’entrepreneur qu’il juge totalement infondée.

 Des visites officielles habilement détournées

La genèse de cette affaire remonterait à mars dernier, lors du passage d’une délégation spéciale de la présidence à Port-Gentil, en prélude à la visite officielle du chef de l’État intervenue le 12 avril. Dans ce contexte, Féfé Onanga pointe du doigt le rôle joué par certains activistes, tels qu’Éric Otsétsé et Peter Brady Akéwa. À travers des diffusions en direct sur les réseaux sociaux, ces derniers auraient imputé l’arrêt des chantiers du 4e arrondissement à l’entrepreneur Alexis Delors. « Ces activistes ont dénoncé que ces travaux étaient arrêtés parce qu’Alexis Delors aurait détourné la somme de deux milliards de francs CFA », a rapporté le leader politique, soulignant que ces graves accusations ont lourdement entaché la réputation des mis en cause.

Arsène Boudzanga, une des victimes de cette mafia présumée

Le leader politique affirme par ailleurs que tout a été mis en œuvre pour masquer la réalité du terrain au président de la République. S’il confirme qu’Arsène Boudzanga a pu brièvement s’entretenir avec Brice Clotaire Oligui Nguema à l’aéroport pour solliciter une rallonge financière, la visite d’inspection promise sur le chantier du lycée d’État n’a jamais eu lieu. Au lieu de cela, la délégation présidentielle a été orientée vers d’autres infrastructures, comme le marché Paul Moukala, la prison centrale ou encore les installations de la Société gabonaise d’entreposage de produits pétroliers. « Ils ont tout fait pour que le président ne s’arrête pas sur ce chantier. Après avoir demandé une enquête, l’entrepreneur a été arrêté comme un malfaiteur. Arsène Boudzanga est arrivé dans une cour où il ne sait pas danser », s’est indigné Féfé Onanga, précisant que l’entrepreneur s’est même vu refuser l’accès à une réception officielle, faute d’accréditation.

 Un appel à la justice face au drame social

Au centre de cet imbroglio politico-financier plane l’ombre de 900 millions de francs CFA. Bien que le décaissement de cette somme ait été validé administrativement selon les affirmations de Féfé Onanga, l’entreprise en charge des travaux de réhabilitation n’en aurait jamais perçu le moindre centime. Outré par ce qu’il considère comme une injustice flagrante, l’acteur politique exige que la lumière soit faite. « Alexis Delors et Arsène Boudzanga sont des jeunes entrepreneurs gabonais. Leurs noms ont été salis, ils ont été arrêtés et exposés publiquement alors que les véritables voleurs sont tapis dans l’ombre. Monsieur le Président, Arsène Boudzanga n’a jamais perçu les 900 millions de francs CFA malgré les signatures. Où est passé cet argent ? Justice doit être faite », a-t-il martelé.

Outre le sort réservé à ces chefs d’entreprise, c’est toute une chaîne de précarité qui s’est installée dans la capitale économique. Féfé Onanga a tenu à alerter les hautes autorités sur la situation dramatique des nombreux ouvriers déployés sur le chantier du lycée Joseph Ambouroue Avaro. Privés de financement, ces travailleurs accumulent aujourd’hui plusieurs mois d’arriérés de salaires, plongeant leurs familles dans une détresse profonde. En guise de conclusion, il a exhorté l’exécutif à relancer les travaux tout en réglant les urgences sociales : « Monsieur le Président, je vous demande humblement d’agir afin que les travaux du lycée d’État soient achevés. Pensez également aux conditions de travail de nos policiers, qui restent préoccupantes. Le peuple attend des réponses et des actes ».

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